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David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" The man who fell to Earth vendredi 21 mai 2004, par |
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David Bowie disposait déjà d’un succès critique et commercial imposant avec des œuvres de la trempe de The man who sold the world ou Hunky dory. Mais il ne disposait toujours pas de l’Album immortel qui le ferait entrer définitivement dans la légende. C’est au cours de l’année 1972 que tout bascula…
Bowie crée alors Ziggy Stardust, le personnage et le concept. Secondé de ses Spiders from Mars, l’extraterrestre Ziggy Stardust offre un nouveau son rédempteur à une Terre menacée de destruction. Mais le succès finira par lui brûler les ailes, entraînant la dissolution du groupe. Il n’est pas toujours évident de décrypter l’évolution du scénario au fil des morceaux, d’autant plus que la trame générale est entrecoupée de morceaux indépendants et sans liens avec le concept de base : It ain’t easy ou encore Suffragette city, composé à l’origine pour Mott The Hoople). Mais on distingue, en filigrane du récit de science-fiction, les propres interrogations de Bowie sur sa condition de légende en devenir du rock anglo-saxon. Les excès de mégalomanie suggérés par Ziggy Stardust, le désir non dépourvu d’anxiété d’être fauché en pleine jeunesse, au sommet de sa gloire (Rock’n roll suicide) sont représentatifs de cette période charnière où Bowie avait décidé de passer à la vitesse supérieure. Car s’il y a bien quelque chose d’évident à noter au sujet de la période Ziggy Stardust, c’est qu’il s’agissait d’un phénomène conscient de mainmise sur la scène musicale. Entité androgyne bigarrée à la parure flamboyante, Ziggy est, à cette époque, une provocation à lui seul. Avec ses costumes scintillants et ses talons hauts, il est la parure qui permet à Bowie de laisser exploser ses fantasmes personnels, les premiers d’une longue série. Pour parfaire l’ensemble, son aura provocante est intelligemment relayée et entretenue par le manager Tony DeFries, qui se charge d’échafauder un véritable mythe Ziggy à grands renforts de coups médiatiques. Bowie se laisser aller à quelques déclarations tendancieuses dans les medias : après avoir laissé planer le doute sur sa sexualité à l’occasion de la naissance de son fils, il enfonce le clou en déclarant « Une société qui tolère des gens comme nous est véritablement une société sur le déclin ». Il n’en faudra pas plus pour que Ziggy Stardust et son alter ego humain passent du statut de rock-star décadente à celui d’icône pop. Il ne faut pas en déduire que Ziggy Stardust est uniquement une opération marketing rondement menée : on ne conserve pas un statut d’icône pendant 3 décennies quand l’apparence ne dissimule que le néant. Car cet album charnière du maître renferme quelques uns des plus brillants titres de sa carrière. Ziggy Stardust bien sûr, et son riff d’introduction presque aussi célèbre que celui de Smoke on the water. Si Bauhaus en livrera plus tard une brillante interprétation, la version originale conserve pourtant toutes mes faveurs. Mais aussi de véritables raffinements pop comme Lady stardust, le fameux Starman ou le sombre Rock’n roll suicide, dont la délicatesse maîtrisée contraste avec un hystérique Suffragette city aux accents punk avant l’heure. Mick Ronson, sans doute l’un des meilleurs musiciens à avoir jamais accompagné Bowie, est ici au sommet de son art, tant à la guitare sur le flamboyant Moonage daydream qu’au piano sur la plupart des autres morceaux. Quant à Bowie, bien qu’ayant toujours estimé que la voix de ses jeunes années manquait de charisme et d’assurance, il reste un chanteur assez unique et offre ici un panel vocal extrêmement varié, allant de murmures brisés à une excitation échevelée. En apportant une véritable substance conceptuelle au glam des années 70, en lui apportant des ondes spatiales inédites et en ouvrant des pistes insoupçonnées vers ce qui s’appellera un jour le punk, Bowie ne lèguera pas seulement à la postérité un des plus grands albums de cette époque ; il signera également l’arrêt de mort de ses coreligionnaires glitter qui, incapables de se renouveler, entameront un inexorable déclin, T.Rex en tête. Une déchéance qui ne le touchera pas le moins du monde. Assez sérieusement sous l’emprise des drogues et commençant à être pris à son propre jeu schizophrénique, Bowie « suicidera » Ziggy à l’Hammersmith Odeon le 3 juin 1973, en pleine tournée Aladdin sane. La réalité avait rejoint la fiction. Conscient que la créature et le culte qu’elle avait engendré étaient devenus des obstacles à sa nécessaire évolution artistique, Bowie n’abandonnera pourtant cette projection de lui même que pour mieux se créer un personnalité véritablement kaléidoscopique, et devenir l’expérimentateur compulsif qu’on connaît et l’instigateur des modes musicales pendant plus d’une dizaine d’années. Dix ans plus tard, l’enregistrement de ce concert mythique sera livré au grand public, et réédité en DVD à l’occasion de son trentième anniversaire. Devenu une force de premier plan dans l’univers rock, David Bowie soutiendra la carrière de ses inspirateurs en perte de vitesse (en produisant Transformer pour Lou Reed et en mixant Raw power pour les Stooges), et « découvrira » de nouveaux talents, avec un peu moins de bonheur (les vites oubliés Mott The Hoople). Quoi qu’il en soit, The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars restera dans l’histoire comme le premier véritable chef d’œuvre de Bowie. Sa théâtralité permanente et le souffle de génie qui hante le moindre couplet concourent à faire de cette production plus que trentenaire un florilège de morceaux éclectiques qui savent rester remarquablement cohérents. Qui plus est, les ajouts futuristes ou jazzy sont bien trop présents pour qu’on puisse le considérer comme un simple album de glam rock. Et contrairement à la majorité des phénomènes pailletés de cette époque, Ziggy n’a pas pris une ride et conserve toute sa saveur trois décennies plus tard. La version remasterisée sortie en 2002 propose, outre une qualité sonore qui permet de goûter à la précision du travail comme jamais, un deuxième disque qui, à défaut de proposer de véritables inédits, offre tout de même quelques raretés. Comme tant d’autres réalisations de David Bowie, Ziggy est un passage obligé pour tout amateur de rock au sens large, qui affirme avec force que, même à ses débuts, Bowie n’avait rien d’un artiste ordinaire. |
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Il y a 19 contribution(s) au forum. David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(1/8) 19 novembre 2008 David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(2/8) 24 juin 2007, par ledzepfan42 David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(3/8) 11 novembre 2006, par moon72 David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(4/8) 21 juillet 2006 David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(5/8) 19 juillet 2006, par Bernard Brognaux David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(6/8) 28 septembre 2005, par lolor > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(7/8) 1er juin 2005, par R.T. > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars"
(8/8) 21 mai 2004, par Kao Bang |
David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 6 novembre 2006 [retour au début des forums] "Changes One" est un best-of...
> David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 6 juin 2005, par Uncle Luke [retour au début des forums] Pour la voix de Bowie, il faut quand même reconnaître qu’à ses débuts, elle était un peu nasillarde. Il a complètement changé sa manière de chanter à partir de "Young Americans". Sinon, tu veux bien me prêter ta belle-soeur ? Tout d’un coup je prends conscience qu’il y a de sérieux trous dans ma culture... > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 21 juillet 2005, par R.T. [retour au début des forums] Ah non ! Ma belle-soeur, j’y tiens beaucoup ! Elle a certainement plein de choses à me faire découvrir encore.
> David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 21 juillet 2005, par leo [retour au début des forums] j’ai vécu la même histoire que toi... si mon père n’avait pas remis ziggy stardust dans sa voiture lors d’un voyage( je l’avait déjà écouté seul mais je n’avai pas réussi à apprécier)je serai peut-être encore en train d’écouter les mêmes conneries que mes potes... Bowie m’a ouvert une voix vers le VRAI rock (en gros tout sauf ce qui passe sur MTV) depuis février, il y a en permanence de la musique dans ma chambre. On ne se lasse pas de ziggy stardust, je les aime toutes (les chansons) différemment... mais j’aime vraiment les original démo de lady et de ziggy sardust. Quelle classe cette voix qui tient avec un minimum d’instrument. Je me rend compte aussi qu’on ne trouve plus d’aussi bon album de nos jours... Y’aura-t-il quelqu’un pour sauver le rock ? je sais je sais on peut trouver encore deux trois bons albums récents... mais rien de comparable. voila voila je n’ai plus qu’à fouiller notre discothèque et les rayons de la fnac pour dénicher d’autres perles. Mes quand même cet album reste une base, est imortel. > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 17 septembre 2006, par Yun [retour au début des forums] Owh, exactement comme moi, mon dieu mon dieu quel choc. Je suis tombée raide amoureuse de Bowie en écoutant cet album, bon ça m’a passé, mais tout de meme... quel choc ! > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 13 octobre 2005, par mco [retour au début des forums] En fait, tu es comme Luc Plamondon dans Starmania. Yahoo !!!!!!!!!!!! > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 14 octobre 2005, par R.T. [retour au début des forums] Désolé, je ne connais Starmania que de très loin, je ne comprends donc pas la référence. Qu’est-ce qu’il nous fait Plamondon ? > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 11 janvier 2006 [retour au début des forums] "Sa musique a changé ma vie,
Ziggy
> David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 24 janvier 2006, par CHANGES [retour au début des forums] Et oui, mais immaginé ce que peut-être, cette écoute, en 1973, j’avais alors 14 ans, et je suis
David le chanteur, David ses chansons, David le(s) personnage(s), David sur scène, mes rencontres fûrent un rêve que je réalisais. On aime souvent ce qui nous semble différent, et je pense que c’est ce qui nous empêche de vraiment nous éloigner. Dominique.
> David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 22 mai 2004, par Uncle Luke [retour au début des forums] Exact, le glam n’est pas mort avec Ziggy... mais il est mort à cause de l’absence de succès aux Etats-Unis. Tiens, je te donne un exemple : "Ziggy Stardust" était numéro 1 en Angleterre pendant je ne sais plus combien de temps. Mais aux States, il était en-dessous du numéro 100 ! La raison ? Jayne County (chanteuse punk transsexuelle amie de Bowie) a dit que les Américains pouvaient comprendre la violence, les bébés morts (référence à "Dead Babies" de Alice Cooper) et le sanguignolent. Mais l’ambiguité sexuelle, la bisexualité, l’androgynie, ils ne voulaient pas en entendre parler. Le résultat : T. Rex n’a jamais eu de succès là-bas, Roxy Music en a eu plus tard, et Bowie n’a commencé à en avoir que quand il a laissé tomber Ziggy Stardust. Tiens, à ce propos, c’est mon album de chevet. Je veux dire : j’aime tout dedans. > David Bowie : "The rise & fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" 16 avril 2006, par Youki Smayas [retour au début des forums] Ouais enfin, Jayne/Wayne County dit ce qui l’arrange sur le public des US, dans la mesure où c’est toujours plus sympa de dire "Je vends rien parce que je suis victime d’une discrimination" plutot que "Je ne vends rien à cause d’un manque de talent chronique".
PS : L’ambiguité sexuelle de Brian Ferry m’echappe totalement, je le situerais plutot du coté des crooners à la Julio Iglesias, une pointe de rock en plus.
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