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Jefferson Airplane : "Surrealistic pillow" I don’t like the drugs but the drugs like me mercredi 20 juillet 2005, par |
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L’an de grâce mil neuf cent soixante sept : dans tous les parcs de San Francisco, la génération des fleurs communie dans l’amour et les spiritualités orientales et se rassemble autour des formations qui savent au mieux incarner ces idéaux pacifistes : Mother Earth, Grateful Dead et Jefferson Airplane, groupes qui, davantage qu’un style commun, partagent surtout un goût effréné pour les drogues. C’est en stabilisant son line-up et en recrutant la chanteuse Grace Slick que le Jefferson Airplane, alors groupe pop sans renommée particulière, entrera définitivement dans l’Histoire.
Les musiciens étaient pourtant doués à la base, tout spécialement le guitariste Jorma Kaukonen ; la musique, basée sur de solides fondations folk et blues, et l’état d’esprit général convenablement LSD-isé, avaient tout pour séduire. Pourtant, coincé entre un millier de groupes de ce style tous plus accros à la dope les uns que les autres, le Jefferson Airplane peinait à se démarquer. Grace Slick, embauchée en support de Martin Balin, apportera non seulement sa voix extraordinaire (dont elle prétendait qu’elle pouvait briser le verre si elle la poussait au maximum), mais également deux chansons, Somebody to love et White rabbit, qui propulseront le jeune groupe au firmament de l’art psychotropique. Les chansons aromatisées de Surrealistic pillow fleurent bon le patchouli et l’encens, l’harmonie de la vie communautaire, l’optimisme innocent d’une époque bientôt trahie par la cruelle réalité des choses. Car dureté, tristesse et mauvaises vibrations n’ont pas leur place sur ce manifeste paisible de l’époque psychédélique. You’re my best friend ou How do you feel sont excessivement naïves, positives et gentillettes jusqu’à en devenir presque exaspérantes. Cette candeur se mue toutefois en une mélopée à la beauté touchante le temps d’un Comin’ back to me. Mais Surrealistic pillow est surtout mémorable par les deux classiques issus de la plume de Grace Slick, à commencer par le monumental Somebody to love, véritable hymne du flower-power sous acide, qui fait partie à jamais des evergreen du rock. Il suffit de constater à quel point ce cri d’amour naïf fut utilisé pour illustrer un nombre incalculable de films et de documentaires sur l’époque, comme s’il résumait à lui seul toute la philosophie du milieu des sixties. Deuxième titre phare, White rabbit se livre à une entêtante apologie de la prise des substances les plus variées, sous couvert d’une innocente description de l’univers chatoyant d’Alice au pays des merveilles. Il est vrai que l’œuvre de Lewis Carroll était déjà à la base fertile en métaphores pour toxicomanes. L’étonnante voix de Grace Slick y atteint des hauteurs inégalées qui auront durablement marqué les esprits. Dans Las Vegas Parano, n’est-ce pas sur ce pic sonique que l’épouvantable Dr Gonzo, imbibé d’acide, souhaite se suicider par électrocution ? Pourtant, et c’est peut-être le défaut principal des albums de cette mouvance, ce qui faisait intrinsèquement partie de cette forme de contre-culture de jadis, ne suscite aujourd’hui plus qu’un intérêt attendri devant ce grand déballage de bon sentiments. Si l’on retire du lot les deux perles cités plus haut, il faut bien admettre que, sans être désagréable, les autres chansons ne proposent rien de bien trépidant. Malgré son statut de symbole vivant des années dorées 1965-1968, l’étoile du groupe ne tarderait pas à pâlir, en même temps que les utopies nées du Summer of love étaient abattues de sang froid par Charles Manson et les Hell’s Angels du festival d’Altamont. Accumulant désastres commerciaux sur déconvenues personnelles, le vaisseau Jefferson allait s’écraser en 1972, ses membres s’éparpillant en projets personnels confidentiels, tandis que Grace Slick allait continuer à accumuler les succès popisants au sein du médiocre Starship. Derrière l’intérêt historique de Surrealistic pillow, subsistent malgré tout deux titres formidables, largement au-dessus de la mêlée, qui incarnent à eux seuls le zeitgeist d’une époque définitivement révolue. |
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Il y a 9 contribution(s) au forum. L’Airplane et le rase-mottes
(1/3) 17 septembre 2006, par Sam Jefferson Airplane : "Surrealistic pillow"
(2/3) 4 juillet 2006, par ovni > Jefferson Airplane : "Surrealistic pillow"
(3/3) 21 juillet 2005, par leo |
L’Airplane et le rase-mottes 17 septembre 2006, par Zouzou [retour au début des forums] Ton message pacifiste et ton appel à l’amour entre les êtres à l’air de partir en couille sur ta dernière phrase. L’Airplane et le rase-mottes 9 mai 2007, par magoo [retour au début des forums] il a tout compris toi rien ! L’Airplane et le rase-mottes 13 juillet 2007, par ZAZ [retour au début des forums] @ Sam
L’Airplane et le rase-mottes 17 février 2008, par Louis [retour au début des forums] Le souci c’est que nombre des politiques qui nous foutent dans la merde comme tu dis sont, actuellement, le produit de ces sixties dorées que nous (en tout cas moi, bien que cette période m’intéresse énormément) n’avons pas connu.Pour faire plus simple : ceux qui pratiquaient l’amour libre et fumaient des joints entre 1966 et 1972 sont actuellement ceux qui envoient des jeunes de 20 ans en Irak (par exemple) et les regardent revenir entre quatre planches de sapins (John Kerry et Hillary Clinton, pour ne citer qu’eux, ont bien trahi les idéaux hippies qu’ils avaient un temps épousés en se prononçant d’abord pour la guerre en Irak, se rétractant ensuite face au fiasco provoqué). Et cette période était, malgré le foisonnement artistique et créatif qu’elle a engendré, extrêmement naïve.Le flower power n’a pas résisté aux passions humaines, le LSD a ouvert une voie royale à des poisons comme la coke et le crack au lieu d’étendre le champ des perceptions sensorielles.
Jefferson Airplane : "Surrealistic pillow" 6 juillet 2006 [retour au début des forums] C’est exactn mais le progressif n’est pas un fourre tout ou un reste. Deja il y a plusieur style de rock progressif
par contre le psychedelique, il n’y a qu’un style, c’est un sous style, donc c’est puir ca je ne pense pas que ton avis sois correcte
> Jefferson Airplane : "Surrealistic pillow" 24 juillet 2005 [retour au début des forums] Pas super fan non plus de SP... L’Airplane a quand même sorti une suite magique de 5 albums (comme les Stones tiens) et Bless it’s pointed little head (live) par exemple est une pépite. Crown of creation aussi...
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