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Led Zeppelin : "III"
Idées de grandeur

mercredi 19 juillet 2006, par Geoffroy Bodart

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Après un double succès pareil, après deux années aussi folles, une fois qu’on est conscient de ses possibilités et de son impact, on n’a qu’une envie : marquer le coup, enterrer la concurrence, s’imposer comme le plus grand. Cette tentation est la plus vile. Elle n’est pas guidée par l’argent ou la gloire, elle est guidée par l’égo. Mais pour devenir le plus grand groupe de rock du monde, il ne faut pas savoir tourner le dos à cette tentation, il faut être capable de réaliser ce fantasme.

A la fin de son éprouvante cinquième tournée américaine, Led Zeppelin s’octroie quelques jours de congés. Page et Plant s’isolent au Pays de Galle, dans un cottage du 18ème siècle. Complètement coupés du monde, ils se mettent à l’écriture de leur troisième album, le plus ambitieux jusqu’ici. Le plus ambitieux car plus éclectique, plus expérimental, plus travaillé et ciselé que ses prédécesseurs axés sur le côté brut, sur l’urgence rock’n’roll. Condenser en un album le hard-rock développé par le passé, le blues auquel ils sont si attachés, le folk dans lequel ils se retrouvent de plus en plus, les élans celtiques auxquels ils ne peuvent résister en raison de l’attraction qu’exerce sur eux la magie de l’endroit où ils se trouvent, et les inspirations orientales à peine suggérées, effleurées sur le premier album mais qui semblent leur tenir à cœur, voilà le défi qu’ils se lancent.

Quand l’album sortira, il sera en quelque sorte boudé par les fans. Quoique « boudé » est un bien grand mot : le disque squattera sans problème la première place des charts des deux côtés de l’Atlantique. Mais le succès sera moins retentissant que celui de leurs précédents efforts. Il semble que le public encaisse difficilement l’éclatement du style du Zep. Certains auraient voulu du hard, encore du hard, du gros son qui tache, et des riffs, encore des riffs, toujours des riffs. Atlantic est également du même avis et essaie de pousser le groupe vers quelque chose de plus proche de ce qu’ils avaient déjà fait. Mais le Dirigeable plane au-dessus de tout ça. Page, Plant, Jones et Bonham ne feront pas ce que les fans ou le label veulent. Ils feront ce qu’ils veulent, pour eux-mêmes, demeureront leur premier public, leurs premiers fans, leurs premiers critiques. C’est ainsi qu’ils assumeront jusqu’au bout de cet album, tout simplement parce qu’ils voulaient le faire, en avaient besoin. Mais à l’instar du Animals de Pink Floyd, les années donneront raison au groupe et réhabiliteront cet album, lui octroyant la place d’honneur qu’il mérite dans la discographie du Zep.

Ce n’est après tout que justice. Car comment ne pas trembler d’effroi devant les imprécations sauvages de Robert Plant ouvrant Immigrant song (pour la petite info, les « immigrants » en question sont des vikings qui viennent tout dévaster, on peut également y voir une allusion au groupe qui annonce son retour fracassant), alors que Jimmy Page, comme toujours servi par une session rythmique impeccable, accouche d’un nouveau riff destiné à rentrer dans les annales. Mais l’apogée de cet album reste sans conteste Since I’ve been loving you. Généralement considéré comme le plus grand morceau de blues écrit et interprété par des Blancs, ce titre d’une langueur et d’une sensualité inégalées n’est pas passé à la postérité de manière aussi spectaculaire que Stairway to Heaven, Kashmir ou Whole lotta love, mais il n’en demeure pas moins qu’il constitue l’une des meilleures raisons de découvrir et d’aimer Led Zeppelin. Il y a Bonzo, bien sûr, qui prouve que son talent ne se limite pas à taper vite et fort et qu’il contribue comme tous les autres à installer les ambiances. Et Jones, qui, en studio, lors de l’enregistrement, jouait simultanément de l’orgue et de la basse-pédale. Mais c’est véritablement le duo entre ce chant désespéré (normal, c’est du blues), parfaitement maîtrisé et cette guitare qui hurle et pleure comme une Madeleine qui tient la vedette. L’alchimie entre Page et Plant est la clé d’un tel morceau et avec une merveille de ce calibre, Led Zeppelin prouve qu’il est arrivé à maturité.

A conclure...



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Geoffroy Bodart





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Led Zeppelin : "III"
(1/5) 25 novembre 2010, par Eric EricEricEric
Led Zeppelin : "III"
(2/5) 20 juillet 2006, par DJ Rattle
Led Zeppelin : "III"
(3/5) 19 juillet 2006, par 555
Led Zeppelin : "III"
(4/5) 19 juillet 2006, par rita est une sorciere
Led Zeppelin : "III"
(5/5) 19 juillet 2006




Led Zeppelin : "III"

25 novembre 2010, par Eric EricEricEric [retour au début des forums]

Un article à la hauter de son sujet !!! et revoici III sur mon ordi

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Led Zeppelin : "III"

20 juillet 2006, par DJ Rattle [retour au début des forums]

Pour ma part, Gallows Pole est un superbe morceau également. J’ai eu l’occasion de voir Page et Plant en concert accompagnés d’un bandonéon, c’était absolument superbe ! C’était un moment magique.

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Led Zeppelin : "III"

19 juillet 2006, par 555 [retour au début des forums]

le IV, le IV, le IV, le IV, le IV, le IV !

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Led Zeppelin : "III"

19 juillet 2006, par rita est une sorciere  [retour au début des forums]

le plus acoustique !

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Led Zeppelin : "III"

19 juillet 2006 [retour au début des forums]

Quand on demande aux fans du dirigeable de choisir le meilleur opus du groupe, les réponses oscillent entre le "II" et le "IV". Les fervents supporteurs du "II" argumenteront à raison qu’on ne pourra jamais faire plus lourd, plus fash, plus heavy, plus rock que le "II". Que des morceaux comme Whole lotta love, Hertabreaker, Ramble on, Moby Dick... marqueront à jamais l’histoire du rock. Les autres rétorqueront que le "IV" comprend des morceaux comme Rock and Roll, Blak Dog, Stairway to Heaven.... excusez du peu.

De mon côté je laisse ces bougres débattre pour élire le meilleur album de Led Zep et j’avoue avoir une préférence pour le "III". Certainement l’album le plus abouti, celui qu’on on attendait le moins ! Une pure merveille acoustique... That’s the Way, Tangerine sont de purs joyaux.
Placé entre deux monuments électriques, Led Zep prouve au monde entier et à ses détracteurs (nombreux à l’époque) qu’il sait jouer en finesse et composer de vrais chansons. Mais qu’il reste aussi un groupe du rock, Immigrant Song ouvre de manière magistrale l’album (peut-être même le premier morceau de heavy metal... je laisserai soin aux spécialistes de débattre sur cette remarque). Led Zep vient du blues et il lui rend un superbe hommage : Since I’ve been loving you ! Allez je ne vais pas me faire des copains, mais j’ose dire que ce morceau est supérieur à Stairway to Heaven ! L’ambiance et la lourdeur de ce morceau (écoutez la batterie de Bohman sur les dernières mesures) sont exceptionnelles. Pour moi ce morceau reste l’embleme de Led Zep. La voix de Plant n’est jamais allée au haut, la guitare de Page est sublime (le solo est certainement l’un de ses meilleurs), l’intervention de John Paul Jones est tout en finesse.
Les autres morceaux sont du même registre.

Le "III" a donc ravi mes envies zeppeliennes... alors qu’il soit meilleur ou non que le "II" ou le "IV" à vous de débattre mais allez du côté de cet album et peut-être
que vous changerez d’avis et que vous tomberez sous le charme.

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