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Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn" Barrett d’acide vendredi 23 avril 2004, par |
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Pink Floyd avait commencé, comme tout un chacun à l’époque, comme un quelconque groupe de reprises rythm’n blues. Il faudra attendre l’arrivée du génie fantasque Syd Barrett pour donner sa couleur à Pink Floyd. Véritable docteur Folamour de la musique, Barrett confèrera au groupe le statut de plus génial représentant de l’acid-rock avant que, miné par les excès, il ne cède sa place à Roger Waters qui transformera le groupe en monument de rock progressif.
L’époque était à la musique psychédélique, émule gorgée d’orgue et de concepts détraqués de la musique en vogue quelques années plus tôt. Les musiciens, avec des fortunes diverses, cherchent à coucher sur une partition leurs expéditions « au-delà des portes de la perception ». Barrett ne cherche pas. Il trouve. Il a la clé du pays des rêves sous acide et s’y sent comme chez lui. Entre la réalité et la sphère astrale, Barrett ne voit -heureusement pour le rock, malheureusement pour lui- aucune frontière. Maître incontesté en riffs étranges et subliminaux, en sonorités troublantes et perverses, en percussion obsédantes, cet album est sa chose, sa création, le reflet de son âme perturbée. Le titre The Piper at the gates of dawn, nom tiré d’un poème de William Blake, autre marginal notoire, ne le symbolise-t-il pas à sa façon (Lire : le joueur de fifre/fumeur aux portes de l’aube/folie) ? Lucifer sam est un délire sous acide, au riff vicieux qui semble tiré d’un quelconque film exotique de série B des années 60. Insaisissable par ses vagues relents de positivisme hippie terni par de l’orgue hystérique et un chant oscillant aux limites de la folie, il s’agit d’une des meilleures pistes de l’album, et pourtant également d’une des plus « classiques ». The gnome ou The scarecrow, sous leurs airs d’inoffensifs Nursey rhymes sont merveilleusement saturées de folie. De l’autre côté de l’Atlantique, Frank Zappa et ses Mothers of Invention sabotent et dénaturent les concepts établis avec la même folie contagieuse et la même réussite. Que dire des expérimentations soniques comme Pow R. Toc H. ou l’inexprimable (parce qu’inexplicable) Interstellar overdrive, qui semble totalement conçu, sur la durée comme dans ses variations, pour accompagner la consommation de marijuana ? Ce dernier titre, avec la piste d’ouverture Astronomy domine et ses claviers dissonants allant decrescendo, annonce les délires extraterrestres planants d’un Hawkwind ou même la future orientation de Pink Floyd. Bike, à nouveau, est si merveilleusement horripilant qu’on sombre presque dans le désespoir à l’idée qu’il s’agit de la dernière plage du chef d’œuvre. Comment peut-on élaborer des symphonies décadentes et ravagées aussi insupportables, et faire en sorte que tout le monde en redemande ? L’œuvre d’un génie, assurément. Ou d’un fou. Ou les deux à la fois. Que serait devenu Pink Floyd si ce visionnaire génial était resté aux commandes ? Une question qu’il vaut peut- être mieux ne pas se poser, et qui n’a de toute façon pas lieu d’être. Déjà miné par sa consommation compulsive de LSD, Barrett vit très mal sa nouvelle célébrité. Son accoutumance prend des proportions pharaoniques et il dérive de plus en plus loin du monde réel. Sa déchéance sera telle que les autres membres du groupe finiront par s’en séparer, passant les rênes de la création à Roger Waters, qui orientera le Floyd vers le destin qu’on lui connaît. Malgré la pompe et la mégalomanie dont il s’est paré par la suite, le groupe n’a jamais su retrouver le degré de folie et l’imagination débordante de ce premier album. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je suis profondément admiratif devant les albums des années 70, mais leur inventivité est souvent noyée sous un torrent de grandiloquence et il est difficile de dire si les expérimentations sont à la source de l’ambition du groupe, ou à son service... Ici, tout concourt, à première vue, à faire de The Piper at the gates of dawn un simple album de rock allumé des années 60. Tout ? Non, un électron libre échappe à tout contrôle : Syd Barrett, qui parvient, en toute simplicité, à faire cohabiter naïveté hippie, traumatismes oniriques et expérimentation spatiales, et à transformer de simples morceaux de quelques minutes en chefs d’œuvres de démence. Sans se dissimuler derrière une façade monumentale ou ambitieuse, ce Piper at the gates of dawn, modeste en apparence, fait partie des albums les plus fantastiques, les plus originaux et les plus désaxés de toute l’histoire de la musique. Un must-have, le plus formidable album d’acid-rock jamais conçu, un des tous meilleurs albums de Pink Floyd (même s’il est le seul à jouer dans sa catégorie), et un des plus grands disques des années 60, tout simplement ! De quoi idéalement accompagner n’importe quelle soirée apocalyptique entre amis portés sur les mondes parallèles. |
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Il y a 15 contribution(s) au forum. Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(1/10) 16 juillet 2010, par Christophe Savoie Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(2/10) 21 septembre 2006, par Fox Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(3/10) 25 juillet 2006, par Jerk Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(4/10) 7 juillet 2006 Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(5/10) 30 avril 2006, par JLR Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(6/10) 2 avril 2006, par Dieu Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(7/10) 27 mars 2006 > Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(8/10) 19 juillet 2005, par laurent joplin > Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(9/10) 23 avril 2004, par Agael > Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn"
(10/10) 23 avril 2004, par Cyd |
Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn" 23 novembre 2010 [retour au début des forums] Ton texte est complètement à côté de la plaque. Jean Sebastien 3 ans, professeur à Oxford Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn" 23 novembre 2010 [retour au début des forums] J’approuve ! Zorg, 2 mois, prix nobel de physique, paix, philosophie, biologie, chimie, science religieuse, science informatique, science scientifique, science paranormale, etc.
Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn" 16 juillet 2010, par Christophe Savoie [retour au début des forums] Bonjour, saviez-vous qu’il y avait un album nommé London ’66-’67 sur lequel deux pistes, Interstellar Overdrive et Nick’s Boogie figurent. Syd y prend part, évidamment. Je vous en informe, car vous sembliez éprouver le désir de pouvoir assister à ces divins morceaux. Malheureusement le CD est très court, on aimerait qu’il ne finisse jamais.
> Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn" 18 octobre 2005, par Kakwen [retour au début des forums] NB : Syd a également réalisé des albums solo après Pink Floyd. Par ailleurs, certaines de ses chansons pour Pink Floyd se trouvent soit sur des singles, soit sur d’autres albums (A saucerfull of secret, Relics...) D’autre part, dans son livre, Nick Mason avoue que pour certains fan, Pink Floyd n’était plus le vrai Pink Floyd après la disparition de Syd, qu’il pouvait comprendre ce point de vue mais qu’il ne le partageait pas. Enfin, je ne suis pas sûr que Syd ai sacrifié sa vie pour la musique.. Il a plutôt sacrifié sa vie à cause de la drogue. Ne mélangeons pas tout. > Pink Floyd : "The piper at the gates of dawn" 23 février 2009, par Will [retour au début des forums] "Syd BARRETT, le premier Pink Floyd" répond à nombre de questions.... C’est une biographie inédite de Syd BARRETT par Emmanuel Le Bret qui est parue le 15 janvier 2009, aux Éditions du Moment. 288 pages. 19€95, disponible sur Amazon, Fnac et dans les bonnes librairies. Avant même de quitter ce monde en 2006, Roger Keith "Syd" Barrett avait gravé sa légende. Sa carrière de musicien fut fulgurante, aussi courte que lumineuse. Fondateur de Pink Floyd, il signe à 20 ans l’essentiel du premier album du groupe. Le rock psychédélique anglais est né. Le charisme, le talent, la créativité exceptionnelle de Syd Barrett font de lui une icône vivante. Riche d’innombrables anecdotes, solidement documenté, "Syd Barrett, le premier Pink Floyd" retrace la parcours de ce personnage hors du commun. L’auteur revisite également de très nombreuses chansons de l’artiste. Cet ouvrage est donc non seulement une biographie quasi exhaustive de Syd Barrett mais aussi une analyse inédite de l’oeuvre de ce créateur devenu culte.
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