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K-Branding : "On n’a pas la prétention de faire de la musique ethnique" Phallus Dei jeudi 9 avril 2009, par |
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Pour dire les choses simplement, Facial, premier album des bruxellois de K-Branding, nous a fait l’effet d’une bonne claque dans la tronche. Son contenu, hypnotique, ésotérique est d’autant plus intéressant qu’il fait voler en miettes les barrières esthétiques. On trouve de tout dans ce disque (punk, noise, indus, ambient, krautrock, free jazz, musique ethnique...) et ce tout ressort du chaudron de manière serrée et cohérente, toujours ambitieuse. Dans le Nickhornbysme de la semaine passée, Vincent Stefanutti (saxophone et percussions) nous parlait avec enthousiasme de This Heat, Zappa ou encore Popol Vuh. Il nous en dit aujourd’hui un peu plus sur K-Branding et son dénommé Facial.
Comment le groupe s’est-il formé ? Je connais Grégory, le guitariste depuis très longtemps et puis il y a cinq ans à peu près on a commencé à jouer ensemble. Et puis on a joué avec d’autres personnes, parmi lesquelles le batteur Sébastien. On a continué à cinq pendant un temps, on faisait des impros, des jams... A un moment on s’est retrouvé à trois (les deux autres étaient en retard ou ne pouvaient pas venir en répète), et on a remarqué vraiment une osmose, une alchimie quand on s’est mis à jouer. Du coup, on s’est dit qu’on allait continuer à trois. Donc dès le départ, c’était une musique déstructurée... Oui, le fait de se retrouver à trois nous a un peu libéré, on va dire. Et comme on avait tous les trois quand même un bon background musical (on a tous joué dans des groupes avant K-Branding et Grégory et Sébastien ont aussi d’autres projets musicaux) on a eu envie de faire ce qu’on voulait, mais que ça reste une symbiose. Donc on a toujours eu ce côté free, on va dire, oui... Ca ne vous a jamais traversé l’esprit de faire un truc plus consensuel, plus pop ? Non. C’est pas ça, on adore écouter de la pop, mais quand il s’agit de faire de la musique entre nous trois, c’est moins intéressant, en ce qui nous concerne, d’en jouer. Remarque bien qu’on a jamais calculé quoique ce soit, on ne s’est jamais dit « on va faire ce genre de musique ». C’est un processus complètement naturel, c’est venu spontanément, naturellement, au fur et à mesure de notre évolution musicale. On ne calcule jamais rien. Comment composez-vous ? On improvise, on fait des jams, on peut partir d’un son ou de rien du tout, on joue, ça peut durer cinq minutes, ça peut durer une demi heure, puis on réécoute, on reprend des parties qu’on rejoue et à force de moduler, ça devient une pièce, un morceau. On n’est jamais arrivé avec des choses déjà composées entièrement par un de nous trois. Il y a une foule d’influences et de styles dans votre musique, ça va de l’indus au punk en passant par l’ambient jusqu’aux musiques ethniques... Oui, on aime beaucoup la musique ethnique, les musiques du monde... On l’aime d’autant plus quand elle s’insère dans du jazz fusion par exemple, ou d’autres styles... On aime les mélanges en fait. On écoute énormément de choses, de styles fort différents et on essaye d’en tirer quelque chose de cohérent. On est vraiment passionnés de musique, j’ai des caisses de vinyles partout chez moi, et nos goûts ratissent vraiment larges (même si ça fait un peu bateau de dire ça)... Ca va de U2 ou Simple Minds (j’insiste, le premier Simple Minds est très bon !) à des trucs comme Throbbing Gristle, Can ou Dead Can Dance. On écoute aussi beaucoup de jazz et de free-jazz... On sent à l’écoute du disque que le rythme est central dans votre musique, et il y a une certaine dualité à partir du rythme : d’un côté on trouve une musique chaude, ethnique, cérémonielle et de l’autre côté, c’est très froid, dur, industriel... C’est un peu comme deux faces d’une même pièce... Oui, ce que tu dis est intéressant. Il y a un côté tribal, qu’on revendique, mais ce côté tribal, on le retrouve autant dans les sociétés urbaines, industrielles que traditionnelles, on va dire. On peut faire un parallélisme entre ces deux mondes, ils ne sont pas forcément éloignés. Cette dualité, c’est quelque chose qu’on a essayé de faire ressortir, qui nous intéresse... mais en même temps, c’est pas calculé. Parce qu’on n’a pas la prétention de faire de la musique ethnique. On est belges, pour commencer. Nous, en fait, on se sent comme un groupe industriel post punk, mais on espère qu’on trouve dans notre musique un côté spirituel, oui. Le masque de la pochette donne déjà une image de la musique qu’on va découvrir, et sert un peu de porte d’entrée à votre univers... C’est un masque qui vient de Côte d’Ivoire. Je ne sais pas si c’est évident, mais on a essayé d’exprimer cette dualité ethnique-urbain sur la pochette justement. On a essayé de faire un effet sur les couleurs, si tu regardes bien autour des yeux, c’est un peu rouillé, en connotation aux sociétés urbaines, le côté industriel. Donc, oui, on retrouve ces deux niveaux de réalité sur la pochette : le côté tribal spirituel et le côté tribal industriel. C’est facile de trouver des dates de concerts avec la musique que vous faites ? On n’a pas trop de problèmes à trouver des dates en Belgique... francophone. On a des bons échos de l’album, donc... Là, on va faire la nuit belge aux Nuits Bota par exemple. Par contre, en Flandre, c’est différent. On devait jouer à Anvers en première partie d’un groupe italien, et la salle a finalement préféré prendre un autre groupe, on n’a pas eu d’explication, voilà ... C’est pas ça, on a déjà joué à Anvers, à Gand, à Hasselt mais honnêtement, c’est vraiment compliqué de trouver des dates en Flandre. On ne demande pas mieux, mais... Je ne sais pas ce qu’il faut faire... Et à l’étranger ? Pour l’étranger, là on va faire une mini tournée en France et en Suisse mais le problème c’est qu’on bosse tous les trois... En plus, moi je suis enseignant primaire, donc j’impose un peu les dates de tournées. C’est compliqué. Vous espérez vivre un jour de la musique ? Non. Je crois que ce n’est simplement pas possible. Déjà, notre musique n’est pas vendable, ça ne passera jamais en radio, on n’en vendra jamais des camions. En plus, on est dans un tout petit marché en Belgique, donc... La musique, c’est surtout notre passion. Pour espérer en vivre, il faudrait partir sur les routes toute l’année, pendant des années, et ça, on ne peut pas se le permettre... Au moins, on a déjà notre petite reconnaissance dans le milieu belge, c’est déjà pas mal. Vous avez fait partie de la compile Massacrés Belges, ça vous a permis de vous faire entendre un peu ? Oui, on a fait ça. C’était une bonne initiative à la base, le fait de compiler et de faire connaître des groupes moins connotés pop, FM... On était sur la compile, on a fait des concerts sous la bannière Massacrés Belges, mais bon, maintenant, est ce que ça a vraiment changé la situation ? |
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Il y a 16 contribution(s) au forum. K-Branding : "On n’a pas la prétention de faire de la musique ethnique"
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(9/13) 28 avril 2009, par Mahalokks lo siento si using cz28h
(10/13) 19 avril 2009, par Peksraluale K-Branding
(11/13) 13 avril 2009, par Cec K-Branding
(12/13) 11 avril 2009, par Joël K-Branding
(13/13) 9 avril 2009 |
K-Branding 13 avril 2009, par SC [retour au début des forums] Tu veux pas une couque et un café, aussi ?
K-Branding 14 avril 2009, par duke [retour au début des forums] Tout juste, Auguste ! Les deux albums sont sortis la même année 1979, d’où, j’imagine, la confusion...
K-Branding 10 avril 2009, par Humphrites [retour au début des forums] Pour l’orgasme je confirme.
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