Pop-Rock.com


Bruxelles, 15 février 2006
Montevideo : "On nous a dit qu’on ne voyait pas l’intérêt de sortir du sous-Franz Ferdinand !"
Interview

lundi 20 février 2006, par Jérôme Delvaux

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En Belgique, Montevideo est LE groupe du moment. Depuis de longs mois, leurs prestations scéniques énergiques et entraînantes leur valent une réputation plus que flatteuse, quand ce n’est pas une pluie de superlatifs ! Leur premier album en devient, dès lors, l’un des plus attendus de l’année, tant par le public que par les médias locaux. Séduits par la musique, mais aussi par l’attitude - parfois controversée - des membres de ce talentueux quatuor, nous leur avons donné rendez-vous dans un de ces bars bruxellois branchés qu’ils affectionnent. Ils y ont fait honneur à leur réputation en laissant de côté toute forme de langue de bois.

- Pop-Rock.com : Montevideo, votre actualité, c’est l’enregistrement d’un album. On en entend beaucoup parler, mais on ne sait pas encore grand-chose à son sujet. Que pouvez-vous nous en dire ?

- Jean : Pas grand-chose, mis à part qu’il s’agit d’un super album. On a déjà cinq morceaux mixés et ça avance bien. Le mixage devrait être terminé vers la fin mars et on vise une sortie en Belgique pour le mois de mai.

- Julien : Nous sommes très contents du son. Il s’agit d’un son léché, mais qui garde un côté crade.

- Jean : Nous comparons le son de l’album à celui de notre première démo, enregistrée durant l’été 2004, avec Rudy Coclet (ndlr : producteur pour Arno, Sharko et Mud Flow, entre autres). Le résultat était assez décevant, car on n’a pas eu assez de temps...

- Rudy Coclet n’est pourtant pas un débutant...

- Julien : Rudy est déçu également !

- Jean : Rudy est loin d’être un débutant, mais nous étions néanmoins déçus car, avec cette démo, nous nous sommes baladés sans succès de maison de disque en maison de disque... Enfin, tu sais comme moi qu’en Belgique, il n’y en a pas beaucoup. On a vite fait le tour.

- Manu : On nous a gentiment demandé de continuer à travailler...

- Jean : Exactement. Et on nous a aussi dit qu’on ne voyait pas l’intérêt de sortir du sous-Franz Ferdinand ou, je cite, du Supergrass en moins efficace... Tu vois le genre. Le ton était un peu cassant, un peu méprisant. C’était facile. On n’a senti aucune prise de risque.

- C’est à ce moment que John Stargasm a débarqué et vous a proposé une signature sur Dragoon, son label personnel...

- Jean : Oui, et ça a clairement été une chance... Tout part en fait d’une rencontre avec l’ingénieur du son de Ghinzu, qui s’appelle Christophe. Je l’ai rencontré à la Boutik Rock, en 2005. On a discuté et je lui ai donné une démo. Il nous a rappelé par la suite et a insisté pour travailler avec nous et s’occuper du son live de Montevideo.

- Julien : Comme quoi, ça sert d’aller faire le people à la Boutik Rock ! (Rires)

- Manu : John est ensuite venu nous voir lors d’un concert complètement pourri, dans une salle pourrie, avec un son pourri... mais on a livré une chouette prestation. On s’est montrés très rock’n’roll, et il a flashé.

- Jean : Pourtant, je pense que ce fut la date la plus pourrie de Montevideo !

- Manu : On a hésité à se casser après le sound-check et à annuler, tellement c’était nul.

- C’était où ?

- Jean : C’était dans une petite salle sur le campus de Woluwé, une sorte de cube de béton, avec un son vraiment atroce. Ce soir-là, Christophe m’a appelé avant le concert pour me dire qu’il avait fait écouter la démo à quelqu’un qui souhaitait venir nous voir... et je lui ai dit de ne pas venir. Surtout pas ! Mais on quand même vu débarquer John. Il s’est alors passé quelque chose de magique : il a aimé, on s’est revus, et il nous a présenté un plan exceptionnel. Une longue période s’est ensuite écoulée car Ghinzu était en train d’exploser en France. Ils jouaient à l’Olympia, faisaient les grands festivals d’été, etc. Cette attente fut très dure pour nous, et surtout pour moi, car je servais d’intermédiaire entre John et le groupe.

- Manu : Pendant ce temps, ceci dit, on a fait pas mal de dates, ce qui nous a permis de nous améliorer.

- Jean : Oui, on a donné un concert vraiment incroyable à la Rotonde, pour la Fête du Progrès. Puis finalement, le 11 octobre 2005 précisément, nous avons signé avec Dragoon pour la production et l’édition de notre album.

- Et pour la distribution, ce sera Bang ?

- Jean : Ca pourrait être Bang, mais rien n’est encore décidé. D’autres personnes sont également intéressées, donc on préfère ne pas trop s’avancer...

- Manu : C’est John qui s’occupe de ces contacts. Il n’est pas officiellement notre manager, mais il nous épaule dans ces démarches.

- On peut dire qu’il est votre parrain ?

- Manu : Oui, on le dit déjà. D’ailleurs, on l’appelle "Daddy". (Rires)

- Jean : C’est un personnage à part. Il a une créativité hallucinante, ça nous transcende. Il a vraiment fait la différence sur la production de l’album.

- Pour les deux albums de Ghinzu, John était secondé à la production par Christine Verschoren...

- Jean : Oui, c’est aussi le cas pour Montevideo et c’est vraiment très bien. Pour moi, Christine est en train de devenir une ingé-son d’un pur talent. John et elle sont très complémentaires. C’est une équipe qui fonctionne.

- John et Mika, le bassiste de Ghinzu, sont venus jouer avec vous à la Boutik Rock. C’est quelque chose qui va se refaire ?

- Julien : Peut-être... C’était une collaboration ponctuelle.

- Manu : Sur l’album, il y aura un morceau auquel ils ont participé...

- Pierre : Il s’agit d’une chanson que nous jouons depuis longtemps et pour laquelle nous avons imaginé, avec John, un concept de battle. Une sorte de question/réponse entre Ghinzu et nous. John chante et Mika joue de la basse.

- Julien : A la Boutik, l’idée était aussi de montrer au public que John de Ghinzu n’est pas seulement le producteur de notre album. Mika et lui sont des personnes qui sont devenues très proches du groupe et avec lesquelles nous entretenons des relations amicales. On les entendra sur l’album et ils ont également été crédités comme arrangeurs sur plusieurs morceaux.

- Ce morceau avec John, c’est un futur single ?

- Jean : Peut-être, mais ce ne sera pas le morceau le plus mis en avant. C’est avant tout un clin d’œil que nous faisons à Ghinzu, car nos univers musicaux sont très différents.

- Manu : Oui, même au niveau de la composition, car nous composons toutes les chansons à quatre.

- Pierre : Grâce à John, Mika et Christine, nous avons appris une autre manière de travailler. Plus professionnelle et plus posée. Nous allons peut-être passer à d’autres modes de composition...

- En Belgique, un certain anticonformisme a le vent en poupe sur la scène musicale. Les Massacrés Belges répondent aux Sacrés Belges et Gang se crée en opposition à Bang. Où est-ce que vous vous situez par rapport à toute cette mouvance ?

- Manu : On se sent un peu en dehors de tout ça, en fait.

- Julien : Certaines de ces associations, comme 62TV Records (ndlr : un label très proche de Bang), ont commencé par nous rejeter. Ce sont des gens qui n’ont pas pensé plus loin que ces comparaisons - que je récuse complètement - avec Franz Ferdinand !

- Jean : Oui, c’était un peu facile. Ce n’est pas parce qu’il y a deux guitares très expressives dans Montevideo qu’on fait du Franz Ferdinand. Je ne sais plus qui a eu le malheur de citer ces références, Franz Ferdinand et The Rapture, dans une bio ou un article quelconque, mais ça nous poursuit.

- C’est étonnant car, quand je vous ai vus en concert, je n’ai jamais pensé à Franz Ferdinand. J’ai plutôt eu à l’esprit des références du rock américain, comme Sonic Youth et les Pixies, par exemple.

- Julien : Ah, enfin quelqu’un d’objectif ! (Rires). Je suis choqué que personne d’autre ne cite jamais les Pixies en nous écoutant...

- Jean : Tu as raison, mais moi quand je parle d’influences anglaises, je pense surtout à l’attitude et à la conception que ces groupes ont de la musique et comment ils défendent leur son en live.

- Julien : En même temps, les Stranglers, c’est un groupe anglais et il s’agit aussi d’une de nos influences. J’aime aussi citer Devo (ndlr : groupe américain, originaire de l’Ohio), qu’on a découvert sur le tard. C’est Mika de Ghinzu qui nous a fait écouter un de leurs albums et on s’y est complètement reconnus. Mika était d’ailleurs très étonné qu’on ne le connaisse pas, vu les similitudes avec notre son...

- Jean : On a envie que notre album sonne comme celui de Devo.

- Manu : C’est marrant, car on découvre pas mal de groupes, comme Devo, qui sont assez proches de nous mais dont on ne s’est absolument pas inspiré, car on ne les connaissait pas.

- Julien : La pierre angulaire de notre œuvre reste le premier Sonic Youth. C’est incontestablement le disque qui nous a le plus influencé en tant que musiciens.

- On parle beaucoup de votre arrogance. C’est quelque chose qui ne passe pas toujours très bien en Belgique...

- Jean : Le premier à nous en parler fut Rudy Coclet. Il disait aimer notre chant arrogant, notre son brut, etc., et il nous a conseillé de préserver ça à tout prix.

- Julien : Jacques de Pierpont (ndlr : de Pure FM) l’a soulevé également, à peu près à la même époque...

- Est-ce que c’est une attitude totalement naturelle ?

- Jean : Oui, c’est instinctif !

- Julien : C’est lié à notre style de musique. Quand tu observes la scène belge actuelle, tu vois souvent un style hyper influencé par les nineties : cette nonchalance qu’on retrouve chez Pavement et Grandaddy, mais aussi chez Girls in Hawaii et Flexa Lyndo. Une espèce de détachement par rapport à la musique... Ils font du live en tapant du pied. Ce n’est pas du tout notre style. Nous, on a envie de faire des trucs qui pêchent et on a l’attitude qui va avec.

- Jean : Quand tu joues un morceau avec deux guitares, une basse et une batterie bien énergique, tu n’as pas envie de rester immobile. En tout cas, ce n’est pas ce que nous aimons voir en concert. D’ailleurs, quand Pierre et moi avons été voir LCD Soundsystem à l’A.B., nous avons été très déçus par le peu d’implication et le peu de spectacle que propose James Murphy. C’est dommage, car sa musique est hallucinante.

- Pierre : Une autre attitude que nous apprécions, c’est celle des !!! (ndlr : prononcez Tchik Tchik Tchik). On les a vus en Paris en 2004, et ce fut une révélation tant au niveau scénique que musical.

- Jean, je t’ai croisé au concert de Maxïmo Park. Qu’en as-tu pensé ?

- Jean : J’ai été très déçu par la présence scénique du chanteur. Je m’attendais à mieux.

- Vous êtes passés en quelques mois du statut de simples spectateurs anonymes à celui de musiciens qui partagent la loge de Supergrass. A voir les photos sur votre site, vous aviez d’ailleurs l’air très fiers d’ouvrir pour eux au Bota...

- Julien : Nous étions fiers, oui, mais surtout saouls. (Rires). Je rencontrais le batteur de Ride (ndlr : qui remplaçait Danny Goffey) que j’allais voir au V.K. quand j’avais 15 ans... On s’est fait photographier avec eux comme des groupies. Que voulais-tu qu’on ait d’autre comme attitude ? Ca tort le cou à notre réputation d’arrogance, je trouve.

- Tous ces groupes de la nouvelle scène anglaise qui cartonnent, comme les Arctic Monkeys, vous en êtes fans ?

- Manu : Non !

- Jean : Moi, je ne peux pas me passer de l’album des Arctic Monkeys pour l’instant... Dès que je monte dans ma voiture, je l’écoute.

- Et Clap Your Hands Say Yeah ?

- Jean : Julien adore, mais les autres, on déteste !

- Julien : Moi, je suis fan ! Je ne vois pas pourquoi on devrait les disqualifier parce qu’ils font du David Byrne. C’est vrai qu’ils n’ont rien inventé, mais on peut simplement avouer qu’ils ont sorti un bon album...

- C’est comme pour The Rapture, qu’on se contente souvent de comparer à The Cure...

- Manu : Oui, mais c’est bête car The Rapture ne fait pas du tout du sous-Cure, même si la voix du chanteur peut faire penser à celle de Robert Smith...

- Julien : The Rapture, je trouve qu’ils ont accompli quelque chose d’important en rappelant aux auditeurs des groupes comme A Certain Ratio et Gang of Four, qui étaient un peu oubliés.

- Est-ce que votre remix par Soldout est déjà commandé ?

(Rires)

- Manu : Non, on aimerait se faire remixer par quelqu’un d’autre.

- Julien : Par James Murphy, par exemple. (Rires)

- Et pas par Trent Reznor ?

(Rire général)

- Jean : Non. J’ai lu ton blog et je crois que tu t’es trop braqué sur ce qu’a dit John durant l’émission de Jérôme Colin...

- Jean, qu’est-ce que tu penses des gens qui te comparent à Mick Jagger ?

- Manu : Il y a une petite ressemblance physique, je trouve... (Rires)

- Jean : Physiquement, ce n’est pas forcément un compliment. On dit que je lui ressemble parce que j’ai une grande bouche et de grosses lèvres. (Rires). Peut-être que certains de mes mouvements sur scène peuvent aussi rappeler Mick Jagger, je n’en sais rien...

- Manu : Un vieux type bourré est un jour venu lui en parler dans un petit café, à Saint-Gilles. C’était drôle.

- Jean : Oui, il m’a dit que d’ici dix ans et quelques litres de bières, j’aurais vraiment la même gueule que Mick Jagger...

- Julien : Pour moi, Mick Jagger, pendant la première période des Rolling Stones, c’était la pure classe...

- Si je vous dis que le mec le plus classe, en rock, c’est Morrissey. Qu’est-ce que vous me répondez ?

- Jean : Bon, ben, je crois qu’on peut partir. On te laisse avec Julien... (Rires)

- Julien : J’ai été un fan absolu de Morrissey de mes 13 à 18 ans, et je crois que j’ai des collectors que même toi, tu n’as pas... Aujourd’hui, il reste un de mes plus grands modèles, avec Frank Black et Lou Reed.

- En tant que groupe belge, vous avez participé à plusieurs concours...

- Manu : Oui... et au Concours Circuit, on n’a pas passé la première manche. (Rires)

- Jean : Ceci dit, je conseille à tous les groupes débutants d’y tenter leur chance.

- Au Concours Circuit, vous n’aviez pas de potes dans le jury ?

- Jean : Non. (Rires). Justement, on a fait presque tous les concours en Belgique et je peux te dire que la faille, c’est le jury. (Il prend un accent wallon). Tu as Michel de « Ca bouge pas mal à Liège » et untel de l’ASBL Bam-Bam-je-ne-sais-quoi... Bref, que des gens dont tu n’as jamais entendu parler et qui sont soit-disant mitigés sur les prestations de Montevideo. D’accord, sauf qu’après tu as un emballement médiatique autour du gagnant du concours. Je trouve que Hollywood Porn Stars, c’est un pur produit du Concours Circuit. Et le résultat à l’export le prouve, c’est mitigé. Pourtant, qu’est-ce qu’ils ont été matraqués !

- Julien : Ce chant de merde, je n’en peux plus...

- Tu n’aimes pas le chant d’Antony Sinatra ?

- Julien : Non, je ne le supporte pas. C’est un mec qui devrait faire de la folk, je trouve...

- Et les Girls in Hawaii, vous les écoutez ?

- Jean : Non !

- Julien : Non, mais par contre, depuis la Boutik Rock, je suis devenu un énorme fan de Hallo Kosmo. C’est un groupe de génie, je me suis pris une vraie claque ! Le disque est totalement nul, mais en live, c’est génial.

- Manu : Moi, je n’ai pas aimé leur concert. Je n’apprécie pas trop ce concept de rassembler deux membres de Girls in Hawaii et deux d’Austin Lace. Je ne suis pas très partouzes...

- Et Showstar, qui prépare un nouvel album ? Eux aussi, ils ont une attitude assez British...

- Jean : Je ne les ai jamais vus, je ne les connais pas...

- Julien : Showstar, c’est de la merde ! Je le dis et je le répète. Tu peux l’écrire noir sur blanc. C’est de la musique de merde jouée par des musiciens de merde. On a le droit de se poser des questions quand on voit qu’il y a autant de jeunes Wallons qui vont voir Showstar en concert. C’est dingue ! Pire : les Flexa Lyndo, qui font également de la merde, arrivent encore à se faire passer pour des jeunes espoirs dans leur bio. Quand leur premier album est sorti, j’étais en rhéto (ndlr : Julien a aujourd’hui 29 ans). A l’époque, l’accent était encore pire que maintenant. C’est la seule chose qu’ils ont améliorée...

- Joe Strummer disait qu’être rock’n’roll, c’est être incapable de tolérer ce qui est médiocre...

- Jean : Oui, il aimait monter au front et donner son avis. On le fait aussi car on n’a pas envie d’être associés à une scène dans laquelle on ne se reconnaît absolument pas.

- Le bassiste d’Interpol dit que la dernière chose dont il a envie qu’on lui parle en interview, c’est de son groupe... C’est aussi votre cas ?

- Manu : Non, on n’a pas encore donné suffisamment d’interviews pour pouvoir dire cela, je pense.

- Quelle question n’aimeriez-vous pas que je vous pose ?

- Pierre : Je n’aimerais pas que tu nous demandes pourquoi on s’appelle Montevideo, par exemple. (Rires)

- Manu : C’est aussi ce que j’allais dire ! Je n’aime pas non plus qu’on nous demande de décrire notre musique...

- Jean : Ce sont des questions qui reviennent très souvent.

- Un truc qui semble choquer pas mal de monde, y compris certains webzines belges, c’est le fait que vous parlez anglais entre les morceaux quand vous jouez en Belgique...

- Julien : Mais même entre nous, dans les loges, on n’arrête pas de parler anglais. (Rires). Non, mais sérieusement, on ne récite pas du Shakespeare, les gens qui viennent nous voir comprennent ce qu’on dit.

- Manu : Cela n’a aucune importance, je ne comprends pas pourquoi ça prend autant de proportions...

- Julien : Nous n’avons pas envie qu’on nous considère comme un groupe qui joue du "rock wallon". Nous sommes francophones, mais nous ne sommes ni Wallons ni Flamands. Nous sommes Bruxellois avant tout.

- Jean : Ce qui est sûr, c’est que le jour où on jouera à Paris, je m’adresserai probablement au public en français...

- Quel est le meilleur concert que vous ayez donné à ce jour ?

- Julien : La Fête du Progrès (ndlr : organisée par le PS), au Botanique. C’était un concert vraiment exceptionnel, à tout point de vue.

- Vous êtes de gauche ?

(Long silence)

- Julien : Ca n’a rien à voir, ils nous ont payé... Et de toute façon, c’est la fête du PS, mais on avait plein de potes dans le public et ils votent tous Ecolo.

- Si le MR vous invite à aller jouer à sa fête, vous irez ?

- Julien : Oui, pourquoi pas ? Mais le MR, ce sera le dernier cran à droite... Plus loin, on s’abstiendra. (Rires).

- Si vous percez en France, vous serez peut-être invités sur le plateau de Thierry Ardisson. J’ai préparé quelques questions pour vous y préparer... Julien, à quand remonte ta première expérience homosexuelle ?

(Rire général)

- Julien : La première question était pour Pierre, je crois.

- Non, je te la pose à toi.

- Julien : C’était à 17 ans, j’étais un ado très ouvert. Il ne faut pas oublier que j’étais fan de Morrissey avant tout. Je portais des chemises à pois et j’allais à des soirées de fans des Smiths à Anvers. Alors, tu vois... (Rires).

- Pierre, ta première fois à trois, c’était comment ?

- Pierre : Heu... C’était avec Manu. (Long silence). Je n’en dirai pas plus. (Rires).

- Manu, ta première sortie en club échangiste, c’était comment ?

- Manu : Cela s’est très bien passé. C’était le mois passé, à Liège, avec John de Ghinzu et Suzy Cumshot du groupe Etron... (Rires) Je n’ai rien à ajouter.

- Jean, est-ce que tu as déjà couché avec une groupie ?

- Jean : Excellente question ! (Rires). Non, sérieusement, on n’a pas de groupies.

- Julien : C’est sensible, car beaucoup de nos fans sont des adolescentes. Je crois que nous sommes un boys-band... Tiens, ce serait un bon titre pour ton article, ça : « Montevideo : Nous sommes un boys-band ! ». (Rires)

- Jean : A l’Easy Way Festival, avec Pierre, on a remarqué un petit effet groupies... Ca commence.

- Et ça risque de durer...

- Retrouvez les Montevideo sur leur site officiel (www.montevideo.be) et sur leur page MySpace (www.myspace.com/montevideotheband) où trois titres de leur album à paraître sont en écoute.

- Photos : (c) Philippe Carly (www.newwavephotos.com). Ne pas utiliser sans autorisation.





Jérôme Delvaux