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Top 5
Les albums de l’année de Jérôme Prévost vendredi 24 décembre 2004 |
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1. Morrissey - You are the Quarry
Une claque. Un miracle. Moi qui n’avais jamais réellement vibré devant la voix du Moz, j’ai dû me mettre à genoux devant ce disque. Des mélodies inoubliables ; des paroles parfois pas toujours au niveau de la discographie passée, c’est vrai, mais une sincérité toujours touchante, même dans la futilité ; une instrumentation parfaite ; et surtout une production aux petits oignons, un véritable écrin pour la voix de l’Anglais. Pas une semaine ne s’est passée cette année depuis la sortie de ce disque sans que je ne l’écoute au moins trois ou quatre fois. Le genre de truc qui fait qu’on se retrouve bêtement en train de chanter First of the Gang to die dans la rue. Le genre de truc qui fait que chaque personne à qui vous le faites écouter devient accro en quelques jours. Un miracle, je vous dis. 2. Skinny Puppy - The Greater wrong of the right
Pas le disque que j’attendais, définitivement pas. Au point qu’à la première écoute, j’en ai pleuré de déception (oui je suis comme ça, moi)... Et puis j’ai fini par l’apprivoiser, cet album. Ce n’est pas qu’il soit difficile d’accès, loin de là - enfin pour toute personne qui mange un tant soit peu d’électro-indus au petit-déjeuner - c’est bien là que ça clochait. A croire que le côté expérimental de cEvin Key s’était fait bouffer par le côté presque gentillet de Nivek Ogre. Alors oui, c’est second degré, c’est dansant, c’est même parfois drôle. Mais si les trois amis s’amusent, ils le font très bien : rien à redire au son, qui est furieusement actuel. Voilà un groupe qu’on ne peut pas accuser de vouloir retourner aux sonorités d’il y a quinze ans, contrairement à leurs cohortes de suiveurs. Le Puppy mord encore, c’est sûr ! 3. Einstürzende Neubauten - Perpetuum Mobile
Encore un disque extraterrestre - mais celui-là, il ne s’écoute pas n’importe quand, ni n’importe où. Pour écouter du Neubauten, il faut du silence, pour que le bruit (les bruits, devrais-je dire) trouve sa place. Pour écouter du Neubauten, il faut s’y abandonner. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui que l’expérimentation bruitiste du groupe s’est teintée d’épure et d’émotion depuis plusieurs années, un mélange qu’ils maîtrisent parfaitement. Pour tous ceux qui ne connaissent Blixa Bargeld que comme guitariste des Bad Seeds de Nick Cave, découvrez-le en poète de l’étrange. Pour tous ceux qui n’ont jamais osé écouter de rock en langue allemande, essayez celui-ci : c’est un voyage dont il est dur de revenir. Un voyage dont on ramène des rêves. 4. Rammstein : Reise, Reise
Ces allemands-là sont d’un autre genre. S’ils pouvaient encore faire rire à l’époque de leur premier album, avec leurs gueules d’éphèbes et leurs torses nus sur la pochette, et leur musique caricaturale, on est bien forcé de dire aujourd’hui qu’il méritent le respect. Après un Mutter d’une déjà belle trempe, voilà un disque qui impressionne par sa recherche d’ambiances et de thèmes. Des histoires de faim, d’amour et de mort, toujours, mais orchestrées magnifiquement, l’accordéon et les violons se mêlant à la rythmique martiale et au mur de guitares habituels. La voix de Till Lindeman est de plus en plus revêche, mais elle résonne au fond de vous, comme dans la plus lente des ballades (Amour) ou la plus dansante des chansons (Moskau). Etonnant. 5. Blonde Redhead - Misery is a Butterfly
Bien loin du son Sonic Youthesque de leurs premières galettes, le trio débarque chez 4AD avec des compositions très douces, travaillées longuement, presque anodines. Et pourtant, elles s’immiscent insidieusement dans votre esprit, au point qu’il devient impossible d’oublier les mélodies et la voix de Kazu Makino, celle d’Amedeo Pace qui lui répond, au point qu’on oublie le où et le quand. On n’est pas loin du Melody Nelson de Gainsbourg, un véritable idéal sonore. Un idéal de chansons obsédantes et entêtantes qu’on garde avec soi parce qu’elles racontent une histoire. Ecoutez Elephant Woman, fixez bien la pochette, ouvrez la porte et qui sait où vous vous retrouverez...
Jérôme Prévost |
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