Tiens, il n’y a pas beaucoup de reggae sur Pop-Rock... Et pourtant, son histoire croise maintes fois celles de la pop et du rock. Du début des seventies à nos jours, les pop-singers y ont toujours trouvé un terreau neuf pour renouveler leur inspiration.
Bande-son omniprésente des années new wave, de même que le ska, le reggae accompagna les punks avant de passer, comme eux, par la moulinette FM des années 80. Ingéré sous ses nombreuses formes (dub, dancehall, drum’n bass...), le reggae fit une réapparition fracassante dans les années 90 en accompagnant l’explosion techno et l’éphémère mouvement trip-hop. Aujourd’hui, la musique jamaïcaine est une donnée plus insaisissable que jamais, marquant de son empreinte des genres dépassant largement le domaine de la pop.
Au gré de ces cinquante morceaux, on retrouvera quelques interventions que le reggae a pu faire, bon gré mal gré, sur les disques d’artistes qu’on peut globalement ranger dans ce dernier domaine. Pour bien faire les choses, il aurait fallu pratiquer aussi l’exercice inverse, et montrer l’incessant travail de recyclage de morceaux pop-rock plus ou moins connus auxquels se sont livrés depuis les sixties les musiciens reggae... Mais manque déjà suffisamment de morceaux dans cette playlist avec sa petite problématique...
Complétez-la dans vos commentaires !
1. Paul Simon - "Mother And Child Reunion" (Paul Simon, 1972)
Si l’on excepte le (très peu) ska "Ob-la-di-ob-la-da" des Beatles, il pourrait bien s’agir du premier morceau de reggae interprété par un chanteur pop. Sans Garfunkel, Paul Simon aspirait en effet toutes les sonorités du monde qu’il découvrait, annonçant avec dix ans d’avance la world-music. "Mother And Child Reunion" reste aujourd’hui l’un des hommages à la musique jamaïcaine les plus respectueux qui aient été enregistré, rappelant par ses réminiscences gospel le premier Jimmy Cliff, qui sortait la même année The Harder They Come.
2. Led Zeppelin - "D’Yer Mak’Er" (Houses Of The Holy, 1972)
Moins révérencieux à l’égard de ses racines jamaïcaines, ce morceau n’en reste pas moins très inspiré du reggae. La petite nuance vient surtout de John Bonham, batteur intenable, qui s’énerve ici sur son instrument bien plus que ne le ferait un musicien roots...
3. Eric Claption - "I Shot The Sheriff" (461 Ocean Boulevard, 1974)
Séparé de Cream et de quelques autres groupes à l’insuccès commercial retentissant (Blind Faith, Derek And The Dominoes, Delaney and Bonnie...), Clapton devait trouver quelque chose pour relancer sa carrière. Il trouva Bob Marley et, relookant son shérif façon "reggae spaghetti", obtint son premier tube planétaire.
4. Patti Smith - "Ain’t It Strange" (Radio Ethiopia, 1976)
Moins engluée dans le New York underground qu’on le pense parfois, Patti Smith sortait en 1976 un deuxième album ouvert sur les sonorités du monde. D’où ce morceau qui reprend la rythmique jamaïcaine, avec quelques accents torturés en sus.
5. Jonathan Richman - "Egyptian Reggae" (Rock’n Roll With The Modern Lovers, 1977)
Ni égyptien, ni franchement reggae, ce curieux instrumental est une énigme de plus dans la carrière d’un des trublions les plus atypiques de l’histoire du rock. Le côté minimaliste de cette composition allait marquer le jeune Pascal Comelade qui lui rend hommage sur un savoureux disque de reprises en plastique : Danses et Chants de Syldavie.
6. The Clash - "(White Man) In Hammersmith Palais" (The Clash, 1977)
Les Clash incarnent mieux que personne le goût des punks anglais pour le reggae. Et leurs albums, en particulier London Calling et Sandinista !, sont truffés de références au genre devenues elles-mêmes des classiques : "Guns Of Brixton", "Armaggideon Time", "Bank Robber"... "(White Man) In Hammersmith Palais", issu de leur premier opus, est l’un des plus hybride de leurs carrière, avec une série de riffs ravageurs portant une dénonciation sans appel du racisme.
7. The Stranglers - "Peaches" (Rattus Norvegicus, 1977)
D’une savoureuse vulgarité, ce deuxième single des Stranglers porte déjà la marque d’un groupe hors norme : guitare et basse aussi saturées l’une que l’autre, contrastant avec un clavier prog bavard... Le côté crasseux de l’ensemble dénote une lecture punk du reggae, moins érudite, mais dans le même esprit que celui des Clash sur le morceau précédent.
8. Elvis Costello - "Watching The Detectives" (My Aim Is True, 1977)
Dans ce délire paranoïaque aux connotations sexuelles appuyées, on ne peut s’empêcher de percevoir la frustration de cet ancien employé de bureau, qui a attendu quelques temps avant de se lancer dans la musique avec la boulimie qu’on connaît. La violence du résultat fait curieusement écho aux titres reggae les plus contestataires, "War", "Police And Thieves", etc.
9. The Police - "Roxanne" (Outlandos d’Amour, 1978)
Et ce qui devait arriver arriva. Police entra en studio et fit de cette rencontre entre reggae et new wave une musique parfaitement carrée, lisse, impeccable, 100% compatible avec les radios FM. Reste que cette touchante histoire de prostituée que Sting aime et qui ne-doit-plus-allumer-la-lumière-rouge est l’un des plus grands classiques de l’histoire du rock. Sans doute l’un de ceux dont on se souviendra quand on aura tout oublié...
10. 10cc - "Dreadlock Holiday" (Bloody Tourists, 1978)
Les mésaventures d’un touriste européen au milieu de la misère jamaïcaine. Le refrain évidemment culte ("I don’t like reggae") cristallise une dernière fois l’ironie mordante de Graham Gouldman, avant des décennies de médiocrité.
11. Public Image Ltd. - "Fodderstompf" (Public Image Ltd., 1978)
Deux raisons de mentionner obligatoirement PIL dans cette playlist : John Lydon (ex Rotten), quittant les Sex Pistols pour jouer tout sauf du punk. Et Jah Wobble, bassiste génial, appelé à devenir gourou dub et remixer attitré de Primal Scream, Sinead O’ Connor, Natacha Atlas, et bien d’autres... A part ça, il faut bien reconnaître que cette première tentative, plutôt brouillonne, trouvera de meilleures concrétisations par la suite.
12. The Slits - "I Heard It Through The Grapevine" (Cut, 1979)
Plus rigolote, cette reprise d’un archi-classique de Marvin Gaye par des punkettes de la première heure, copines de Sid Vicious et Johnny Rotten, s’avère aussi foutraque que groovy.
13. Frank Zappa - "Wet T-Shirt Night" (Joe’s Garage, 1979)
Forcément, la découverte du reggae par Zappa ne pouvait donner lieu qu’à ce genre de morceaux, aussi virtuoses que désinvoltes, aussi hybrides et avant-gardistes que régressifs et dérisoires. On en passe et des meilleures... Les amateurs de poil à gratter apprécieront sa reprise ska de "Stairway To Heaven" !
14. Serge Gainsbourg - "Lola Rastaquouère" (Aux Armes etc., 1979)
Tout a été dit sur la rencontre de Gainsbourg et de l’incroyable dream team jamaïcaine qui mit en musique Aux armes etc. et Mauvaises Nouvelles Des Etoiles, ses deux albums reggae. Déterminant pour l’avenir du genre en France, cet épisode fut peut-être d’une certaine importance pour la pop mondiale. Il marque en effet, pour Sly Dunbar et Robbie Shakespeare (batteur et bassiste virtuoses que nous retrouverons) une interminable série de collaborations avec des artistes de tous horizons, qui se poursuit encore aujourd’hui.
15. Blondie - "The Tide Is High" (Autoamerican, 1980)
Reprise d’un morceau jamaïcain des années 60, créé par John Holt et les Paragons, "The Tide Is High" rend délicieusement hommage à l’atmosphère roots et aux doubles sens salaces de la version originale. Un tube mérité !
16. Stevie Wonder - "Master Blaster (Jammin’)" (Hotter Than July, 1980)
Au lendemain de Songs In The Key Of Life, Stevie Wonder savait encore tout faire, même réécrire "Jammin’" à la place de Bob Marley, et arriver à lui rendre hommage sans être ni trop humble, ni trop prétentieux. Une merveille inégalée.
17. Bernard Lavilliers - "Pigalle La Blanche" (Nuit d’Amour, 1981)
Le reggae est une référence constante dans la carrière du baroudeur stéphanois, de "Stand The Ghetto" à "Melody Tempo Harmony". Ici, il donne lieu à un chassé-croisé allusif où le discours anti-raciste épouse une belle évocation d’un Paris canaille et glauque.
18. Culture Club - "Do You Really Want To Hurt Me" (Kissing To Be Clever, 1982)
Nous voici, pour de bon, dans les années 80 avec ce titre du premier groupe de Boy George... et la guimauve qui va avec ! Il n’empêche que ce riddim de basse qui clôt ce titre est loin d’être honteux et que ce morceau, tout compte fait, demeure assez plaisant à écouter.
19. Paul McCartney - "Take It Away" (Tug Of War, 1982)
Seul le début est reggae. Après quoi une symphonie de poche, une vraie, se met peu à peu en place, à la manière des classiques des sixties... Le tout pour célébrer la fin de carrière de deux groupes pas tout à fait aussi bons l’un que l’autre (les Beatles et les Wings) où notre héros offrit ses loyaux services. Le meilleur morceau de Paulo en solo ?
20. Bob Dylan - "Jokerman" (Infidels, 1983)
Dylan avait sorti son épouvantable trilogie chrétienne que même les journalistes les plus charitables avaient été incapables de défendre... Sur le premier de la série, Slow Train, il y avait malgré tout un morceau plutôt sympathique, "Man Gave Name To All The Animals", espèce de comptine reggae pour les tout petits. Peut-être est-ce la réussite de ce morceau qui l’incita à confier le salut de ses Infidels à Sly & Robbie, ainsi qu’à Mark Knopfler, très pertinent en accompagnateur. Sa verve poétique retrouvée fit le reste, donnant notamment lieu à cet étonnant portrait du meilleur méchant de l’histoire des comics.
21. XTC - "This World Over" (The Big Express, 1984)
Paradoxe parmi d’autres, le single le plus triste de la carrière d’XTC est un de leurs seuls morceaux de reggae. La rythmique répétitive souligne le questionnement obsessionnel d’Andy Partridge, cherchant en pleine rupture des raisons de tenir bon.
22. Hubert-Félix Thiéfaine - "Nyctalopus Airline" (Alambic Sortie Sud, 1984)
"Nyctalopus Airlines" est un de ces moments de magie noire que Thiéfaine savait concocter au début de sa carrière. Le guitariste Claude Mairet, qui cosigne tout l’album, y trouve un subtil équilibre entre une trame reggae et des phrases solos qui s’envolent comme autant de volutes de fumée.
23. The Rolling Stones - "Too Rude" (Dirty Work, 1986)
Epiphénomène absolu, tiré d’un album particulièrement laid, "Too Rude" demeure une chanson rafraîchissante. On la chanterait presque sous sa douche... Il faut dire que ce n’est pas vraiment un morceau des Stones, puisque c’est à l’origine un mini-tube du groupe jamaïcain Half Pint, que c’est Keith Richards qui tient le micro, et que Jimmy Cliff est dans les choeurs.
24. Nina Hagen - "African Reggae" (Love, 1987)
Au milieu de l’opportunisme clinquant des années 80, la présence de ce morceau dans les hit-parades a de quoi laisser songeur... En effet, cette déclaration d’amour à l’Afrique et au reggae a quelque chose d’un tantinet déjanté, avec ses bruitages électroniques inspirés du dub le plus hardcore et ses yodels bavarois.
25. Arno - "Bathroom Singer" (Charlatan, 1988)
Le bluesman d’Ostende n’était pas encore devenu célèbre grâce à sa reprise des "Filles du Bord de Mère". Et il livrait avec Charlatan un beau deuxième album, où l’accordéon occupait une place de choix dans des situations parfois inattendues, comme sur ce reggae européen passablement alcoolisé.
26. Pixies - "Mr Grieves" (Doolittle, 1989)
Malgré sa remarquable concision, "Mr Grieves" est un des morceaux les plus riches de Doolittle : on part d’un reggae décharné pour atterrir en blues-rock, avec entre-temps, de savoureux riffs conçus pour le pogo.
27. Mr Bungle - "Stubb (A Dub Album Version)" (Mr Bungle, 1991)
Groupe défouloir de Mike Patton, qui se lassait de Faith No More, Mr Bungle marque le premier pas de ce dernier vers son statut d’éminence grise d’artistes en mal de sensations fortes. Il y a du reggae là-dedans, comme il y a un peu de tout : du metal, du funk, de la musique traditionnelle des Balkans... Un déchaînement intarissable d’idées qu’il faut écouter plusieurs fois avant d’être en mesure de le digérer.
28. Goran Bregovic, ft. Iggy Pop - "In The Death Car" (BOF Arizona Dream, 1993)
Les Balkans, à nouveau. Avec là aussi des rencontres improbables : une mélodie corse, une icône rock et du reggae fort en cuivres. Beaucoup plus immédiat que les expérimentations de Mike Patton, le résultat est une belle évocation abstraite des grands espaces américains, parfaitement rendue par le film d’Emir Kusturica où figure ce morceau.
29. The Prodigy - "Out Of Space" (Experience, 1992)
A l’époque d’Experience, The Prodigy n’était pas encore devenu la machine à tube que l’on connaît. C’était plutôt l’aventure d’un homme seul, Liam Howlett, qui contribuait modestement à la naissance de genres encore mal délimités : le drum’n bass, la jungle et la techno, tout simplement. Le sample roots, tiré d’une chanson de Max Romeo, "Chase De Devil", nous donne l’occasion de souligner l’importance de la musique jamaïcaine (en particulier le dub et le ragga) dans la naissance du mouvement electro des années 90.
30. Saint Etienne - "Calico" (So Tough, 1993)
Une autre facette de ce mouvement : Saint Etienne allait chercher dans le dub des atmosphères beaucoup plus planantes. Si l’on retient habituellement du groupe ses attachants singles power pop ("He’s On The Phone"...), ce "Calico" est une fleur plus maladive : le refrain rappellerait presque Dead Can Dance...
31. Massive Attack - "Spying Glass" (Protection, 1994)
On ne remerciera jamais assez Massive Attack d’avoir sorti de l’oubli ce fabuleux crooner jamaïcain qu’est Horace Andy. Il signe ici un texte particulièrement paranoïaque sur la difficulté d’être rasta en Angleterre, rendu encore plus angoissant par le trip-hop souterrain du trio de DJ’s.
32. Tricky - "You Don’t" (Maxinquaye, 1995)
Tricky n’a besoin de personne, lui, pour introduire de la névrose dans sa musique. Même en duo - ici avec une dénommée Ragga - le monologue rencontre le monologue, dans une absence totale de perméabilité. Perle noire de Maxinquaye, "You Don’t" illustre également l’imprégnation du reggae dans le mouvement trip-hop.
33. Chemical Brothers - "One Too Many Mornings" (Exit Planet Dust, 1995)
Moins trip-hop que simplement tripée, cette envolée semble destinée aux deux fameux hippies de la pochette, en route vers d’autres galaxies musicales. Ici, c’est à nouveau le dub, (ou l’éphémère novo-dub, porté à l’époque par Jah Wobble) qui inspire le riddim de basse, d’une rondeur parfaite.
34. Mathieu Boogaerts - "Ondulé" (Super, 1996)
On découvrait au milieu des années 90 cet émule de Dominique A trimballant une drôle de mélancolie bien à lui, bizarrement tropicale... "Ondulé", chanson parfaitement équidistante du Brésil et de la Jamaïque, était même très prometteuse. Depuis, on attend désespérément qu’il se passe quelque chose dans une carrière qui tourne en rond sur elle-même.
35. Primal Scream - "Stuka" (Vanishing Point, 1997)
Sur le très référencé Vanishing Point, espèce de concept album sur les hippies, les bagnoles et le (mutherfucking) système, "Stuka" est une curieuse parenthèse abstraite. Mais elle se fond plutôt bien dans le décor, en donnant aux machines une préséance quelque peu inquiétante.
36. Ben Harper - "Jah Work" (The Will To Live, 1997)
Il a fallu attendre le troisième album de Ben Harper pour entendre un morceau de lui franchement reggae. Mais là, pas de doute, on y est bien. Cette dextérité à la guitare et ce chant tellement triste nous empêchent cependant de tomber dans la caricature et changent finalement "Jah Work" en grand classique... du blues !
37. Manu Chao - "Clandestino" (Clandestino 1998)
De quoi vous coller le blues, là aussi... Il fallait un hymne pour les sans-papiers, Manu Chao l’a fait. Dommage que le succès ait été aussi massif : l’ex Mano Negra se remettrait peut-être un peu plus souvent en question et renouvellerait peut-être un peu plus les hybridations (latinismes, minimalisme, bruitages...) qui fonctionnent si bien ici.
38. Gorillaz - "Clint Eastwood" (Gorillaz, 2001)
Le plus déroutant des tubes de l’année 2001 fut sans doute ce retour en grâce de Damon Albarn, planqué derrière ses personnages animés et ses concepts fumeux. Pourquoi "Clint Eastwood" au fait ? On n’a toujours pas compris...
39. Perry Blake - "The Road To Hollywood" (California, 2002)
Issu d’un discret chef d’oeuvre, California, ce titre est à l’image de l’album : lumineux, mais teinté d’une indiscutable ironie mélancolique. Le reggae y fait une rencontre inattendue avec les violonnades de la pop symphonique.
40. The Streets - "Let’s Put Things Forward" (Original Pirate Material, 2002)
Single béton d’un premier disque en acier (ou le contraire), "Let’s Put Things Forward" démontre déjà le talent de Mike Skinner pour faire feu de tout bois : du hip hop au dancehall, avec un refrain tout ce qu’il y a de plus britannique...
41. Amy Winehouse - "Moody’s Mood For Love/Teo Licks" (Frank, 2003)
En 2003, Amy Winehouse était une petite chanteuse qui bidouillait dans son coin un mélange de jazz vocal, de reggae et de soul... Comme elle avait déjà une jolie voix, ce n’était pas mal du tout. Il aurait peut-être fallu, pour le bien de tout le monde, que les choses en restent là !
42. Gwen Stefani - "Rich Girl" (Love, Angel, Music, Baby, 2004)
Tube mérité, "Rich Girl" annonçait ce à quoi l’on assiste depuis : la rencontre constante, en haut des charts, des superstars de la dancehall, du R’nB et de la pop. Reprise d’un classique des comédies musicales n’en finissant pas de ressurgir du diable vauvert, la version de Gwen Stefani, colorée en rose bonbon, décroche le pactole grâce à sa rythmique, absolument hypnotique.
43. Birdy Nam Nam - "Abbesses" (Birdy Nam Nam, 2005)
Il paraît que c’est devenu vulgaire d’utiliser les mots "DJ" ou "electro". Pour ce groupe parisien, pour ne pas dire parisianniste, il conviendrait donc de parler de turntablism. C’est vrai qu’il les font tourner, leurs vinyles ! Et que cette espèce de dub dont les instruments solo seraient des scratches est un tour de force. Mais (de grâce) qu’on nous épargne ce jargon branchouille et inutile !
44. TV On The Radio - "Province" (Return To Cookie Mountain, 2006)
La basse est dub, le reste est une mutation encore non identifiée. On pourrait parler de post-rock si l’expression n’était pas à ce point réservée aux groupes abstraits, le plus souvent instrumentaux. Au contraire, ce morceau se caractérise par son lyrisme, encore accentué par la présence d’un certain choriste, assez célèbre. Mais de qui s’agit-il ?
45. Lily Allen - "Smile" (Alright Still, 2006)
L’incontournable de la décennie. On a beau l’entendre depuis trois ans au supermarché du coin, on reste séduit par la fraîcheur décontractée de ce reggae franchement pop, voire de cette pop franchement reggae.
46. Xavier Rudd - "Come Let Go" (White Moth, 2007)
Vous avez 15 ans. Vous êtes sur une plage. Vous avez quelque chose d’important à dire à votre voisine et, par chance, il y a une guitare dans le coin. Cette chanson est pour vous ! L’auteur, sympathique héritier australien de Ben Harper, se révèle bon musicien et mélodiste honnête. Après, il faut bien reconnaître que 6 minutes 50, c’est un peu exagéré...
47. The Dø - "Queen Dot Kong" (A Mouthful, 2008)
Les Rita Mitsouko, Timbaland, Emir Kusturica, Mr Bungle... tout ça dans un même morceau. C’est bien entendu un gag, mais c’est beaucoup plus savoureux que le tristounet "On My Shoulder", single mal choisi pour ce duo plein d’imagination.
48. Santogold, ft. Spank Rock - "Shove It" (Santogold, 2008)
Camarades du label alternatif Downtown Records, l’inclassable Santie White et les rappeurs de Spank Rock font partie des artistes qui cherchent aujourd’hui de nouvelles pistes. Quitte à faire du neuf avec du vieux : le ragga-dancehall de "Shove It" se ressource tout simplement auprès du bon vieux reggae pour trouver son élan.
49. Vampire Weekend - "The Kids Don’t Stand A Chance" (Vampire Weekend, 2008)
Il a fallu que ce soient des Américains qui inventent le reggae victorien, avec on ne sait quoi de violon celtique en prime... Ce n’est pas drôle pour autant, et les paroles, franchement désespérées, tranchent avec le reste de ce premier album plutôt remuant.
50. New York Dolls - "Trash" (’Cause I Sez So, 2009)
Bouclons la boucle avec l’autodestruction façon roots de ce morceau culte des New York Dolls, figurant au départ sur leur premier album de 1973, puis repris, juste histoire de faire grincer les dentiers, sur le deuxième album de leur reformation. Amusant, non ?
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