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Sepultura : "Dante XXI" Enfer, Purgatoire ou Paradis ? lundi 18 avril 2011, par |
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On les voyait bien toucher le fond, et on ne s’interdisait ni de le penser ni de le dire. Maxounet qui se tirait sans un pot de départ, Sepultura dut se remettre à bosser en tant que groupe et oublier les décisions hégémoniques de jadis, pas simple à reformater la bestiole. Avec Roorback ou Nation, les Brésiliens tentaient une approche brutale et ils virent poindre la déception des troupeaux de fans inconsolables de la séparation. Ca avait beau ne pas être nul, c’était pas Max et donc c’était pas pareil.
Alors Greene et Kisser se sont dit que les fans, finalement, on va les envoyer chier. Et au lieu de pondre des trucs qui puent l’ancien mais sans plus de saveur que cela, on va pousser les limites de la bête, l’amener à de nouvelles expériences, enterrer les compromis dans la tombe. Et les fans inconsolables alors ? Rappelez-vous, on les emmerde. Et ça fait du bien de temps à autre d’oublier toute masse critique, et de se concentrer sur la seule chose qui nous fait lever le matin à part l’envie de pisser, faire de la musique. Sur cet album, Igor n’est cependant pas médiocre et maltraite sévèrement ses fûts, mais c’est bien l’apparition de quelques violons et éléments symphoniques qui surprend. Vu le thème choisi, cet apport se défend et n’est jamais mal amené. Dante valait mieux qu’une mauvaise revisite, et Sepultura voulait innover sans chuter. Nombre de groupes se sont inspirés de ce poème et principalement de L’Enfer, qui en est le passage le plus poignant. L’Enfer comporte trente-quatre "chants" qui décrivent la chute du poète mêlée à quelques considérations politiques de la Renaissance italienne. "Au milieu du chemin de notre vie, Je me trouvai dans une forêt obscure. Egaré hors de la voie droite. Ah, comme est chose dure à dire quelle était, Cette forêt sauvage et âpre et forte, Qui dans la pensée fait revivre la peur !" Nos lettrés ne copient pas mot à mot le classique qui est très dense et difficilement assimilable dans son entier au format sepulturien. Il s’agit plus d’une inspiration parfois très évasive, moins fidèle que ne le sera A-lex et sa relecture de The clockwork orange de Burgess. Musicalement parlant, Sepultura se fait réellement plaisir est c’est communicatif. Kisser et la compagnie ne cessent de surprendre sur ce long album conceptuel, alignant quelques introductions magistrales qui se chargent d’aérer le propos. Sepultura venait de proposer avec Dante XXI un travail d’une grande élégance sans jamais manquer de force. Complexe et parfaitement menée, cette relecture courageuse peut en remontrer aux mauvais disques d’un Maxounet Cavalera trop perdu dans ses machins tribaux pour intéresser, voire même passionner le vieux fan du groupe qui le largua à la sortie d’Against. [1] Le vrai, pas celui qui descend de sa branche par ici. |
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