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Alcest : "Souvenirs d’un autre monde" Ne succombe pas au côté obscur lundi 13 août 2007, par |
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Le black metal, comme tout genre musical, a ses règles : il est crade, glauque, il trifouille dans ce que l’humanité a de plus horrible, absurde et décadent. La violence et le satanisme sont de série, tout comme les saugrenues légendes urbaines qui accompagnent les sympathiques ténors de cette scène, qui répondent généralement à de doux et théâtraux patronymes inspirés de divinités païennes revues et corrigées à la sauce nord-européenne. Pourtant issu de cet amusant decorum, Alcest semble prendre un malin plaisir à en détourner chacun de ses clichés.
Quelques exemples ? Le visuel, tout d’abord. On est bien loin de ces illustrations de carnage débordant d’os et de viscères. Evoquant à merveille la mélancolie et le mystère que l’on retrouve sur le disque, la pochette frappe par sa sobriété, tout comme l’enseigne du groupe qui, contrairement à celle de ses coreligionnaires, est lisible. Un autre exemple ? Le personnage qui se cache derrière Alcest, et il est tout seul, répond au pseudonyme de Neige, et il se fait qu’il adopte sur cet album un chant clair des plus éthérés. Encore un exemple ? Enfournez la galette dans votre lecteur, et vous comprendrez vite que si l’influence du black metal jaillit de-ci, de-là, la musique d’Alcest tient également et surtout du post-rock, du shoegazing, et laisse également une très large part à l’acoustique, puisque chaque titre aura droit à sa session intimiste. Album éminemment personnel et quasi-conceptuel, Souvenirs d’un autre monde se doit d’être écouté d’une traite. Il demandera toutefois du temps à l’auditeur qui risque fort bien, dans un premier temps, de penser que toutes les chansons se ressemblent. Il est en effet incontestable que ce son épais, ces murs de guitares qui semblent a priori infranchissables, cette voix fragile et agréable trop en retrait, rendant incompréhensible des textes pourtant en français, cette absence de structure, de refrain accrocheur, renvoient l’image de chansons monolithiques, même si certaines sortent clairement du lot, de par leur rythmique instantanée (Souvenirs d’un autre monde, Sur l’autre rive je t’attendrai). Mais le temps imposera chacun de ces titres et mettra en évidence le charme fou qu’ils irradient. Car c’est là le point le plus important mais également le plus dissonant par rapport au black metal auquel on aura compris qu’il ne fallait pas rattacher Alcest, cet album rayonne. Il s’en dégage un tel sentiment de bien-être, une telle mélancolie plus douce qu’amère, accentuée par les mélodies limpides de cette guitare cristalline, par ces riffs travaillés et transporteurs, par ce recours systématique à l’acoustique, qu’on n’éprouve rien d’autre que la volonté de s’affaler dans un grand fauteuil moelleux et de se laisser bercer, le faciès fendu d’un grand sourire de bébé. OVNI au sein d’une scène française que l’on qualifie volontiers de moribonde (il faut dire que si les artistes talentueux sont contraints d’aller trouver refuge auprès d’obscurs labels allemands...), douce friandise exilée de l’Enfer parce qu’elle a trop écouté Sigur Ros (influence qu’il serait indécent de nier à l’écoute de Tir Nan Org, seul titre à ne pas être guidé par un riff sursaturé), Alcest devrait sans problème trouver son public auprès des amateurs de musique hors-normes, sensible et onirique. |
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Il y a 6 contribution(s) au forum. Alcest : "Souvenirs d’un autre monde"
(1/4) 19 août 2007, par Fafou Alcest : "Souvenirs d’un autre monde"
(2/4) 14 août 2007 Alcest : "Souvenirs d’un autre monde"
(3/4) 14 août 2007 Alcest : "Souvenirs d’un autre monde"
(4/4) 13 août 2007 |
Alcest : "Souvenirs d’un autre monde" 15 août 2007, par Geoffroy Bodart [retour au début des forums] Ce n’est pas la première fois qu’un groupe typé "musique extrême" ne parvient pas à se dépétrer de cette étiquette alors qu’il s’aventure vers un genre plus accessible. Je pense notamment à des groupes comme Anathema ou The Gathering, qui sont toujours rangés dans les rayons hard-metal des discaires ou qui ne sont chroniqués que dans des revues/webzines dédiés à ces musiques plus musclées. Cette étiquette leur ferme souvent l’accès à une promotion plus large, dans des médias plus généralistes (et ne parlons même pas d’une éventuelle diffusion à la radio). Il me paraissait donc nécessaire d’insister sur le démarquage opéré par Alcest par rapport à ce courant. Alcest : "Souvenirs d’un autre monde" 15 août 2007 [retour au début des forums] Moi n’ayant entendu que les extraits ici, je trouve celà très éloigné du metal extreme, donc peut être inutile de le rappeler... Par contre je me souviens des premiers gathering avec l’ours qui grognait... Merci Anneke !
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