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Andreas Kisser : "Hubris I & II" Du chaos et des idées samedi 17 octobre 2009, par |
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Andreas Kisser détient presque à lui seul les rennes de Sepultura depuis les départs successifs des frangins Cavalera. Il aura largement permis au groupe de passer du statut de gros lourds aphones à celui nettement plus avantageux de plus célèbre groupe extrême d’Amérique Latine. Kisser y est resté fidèle, malgré une lourde chute dans les faveurs du public. Après avoir laissé nombre d’auditeurs perplexes à l’écoute d’A-Lex, indéfinissable ultime album du groupe brésilien, Kisser s’est lancé dans un projet bien plus personnel, voire nettement plus passionnant.
N’allez pas attendre un disque de hardcore, ou de thrash, ou de tout autre pendant de la musique lourde. Le guitariste nous offre ici un travail bien singulier, nourri de ses propres idées, et il faut admettre que le sieur aime les développer. Tout ou presque y passe, mais le ton général est bien moins féroce que chez le navire sépulturien. Nous sommes plutôt dans du rock nerveux, à vocation métallique et gentiment progressif. Kisser laisse toute liberté à ses recherches, tantôt proches de Pain Of Salvation, parfois plus accroché à des influences alternatives que ne renierait pas Tool ou ethniques dans le ton d’ Orphaned Land. Il parvient toujours à donner à ses vingt-et-une pistes sa propre patte, et rend Hubris I&II attirant, tres attirant même. La guitare sèche, le chant offert à divers invités, variant entre anglais et portugais, avec ces structures qui ne cachent en aucune façon les origines de son auteur sont autant de particules curieuses et attractives. Deux disques, l’un assez nerveux, le second plus posé, il ya fatalement un peu de rebus, et certaines expérimentations auraient mieux fait d’en rester là. Pourtant une grosse partie d’Hubris donne non seulement la banane mais surtout semble ouvrir de nouvelles voies au vaisseau-mère. Non pas que Sepultura se soit vraiment perdu ces dernières années (avis personnel qui n’engage que son auteur donc moi...), ses relectures ambitieuses de Dante ou de Burgess, l’arrivée de Derrick Green au front, voire la fuite des frangins cogneur/hurleur a sans doute donné à Kisser plus de latitudes. De compositeur masqué, il se donne désormais plus de lumière, à juste titre d’ailleurs. Cet album solo a donc quelque chose des dernières productions du groupe brésilien, les rythmiques latines, l’aspect tribal, Andreas a réellement un univers propre nourri auprès de moult poitrines. Le temps et l’espace nécessaire ont été intelligemment mesurés afin qu’il puisse inclure tout ce dont il raffole, sans jamais rendre la chose bouffie. N’allons pas jusqu’à tenter de définir chaque titre (j’ai pas toute la semaine non plus), aussi me limiterai-je à conseiller tout spécialement la triplette qui débute l’œuvre (soit Protest !, Euphoria/Desperation, Eu Humano) , vraiment bandante, d’autres moments pouvant passer pour plus hermétiques aux jeunes oreilles. Alors, disque majeur ou gentil joujou perso ? Un peu de l’un, un poil de l’autre. Il faudra quelques semaines ou mois complets pour bien appréhender tout ce que recèle ce Hubris I&II. Mais des albums qui interpellent à ce point ne sont plus aussi nombreux. Kisser a donc tout loisir de poursuivre ses recherches et d’en faire profiter Sepultura à l’occasion. |
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Il y a 1 contribution(s) au forum. Andreas Kisser : "Hubris I & II"
(1/1) 16 novembre 2009, par U.P. |
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