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Blind Guardian : "At the edge of time" Qui trop embrasse mal étreint mercredi 15 septembre 2010, par |
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Blind Guardian a longtemps souffert d’une maladie : celle de vouloir en faire trop. Si leurs premiers albums étaient d’anecdotiques tranches de speed allemand, leur premier grand succès, Imaginations from the other side, allait graver dans le roc la marque de fabrique du groupe, ce son et ces structures mélodiques largement inspirées de Queen. Malheureusement, comme si le groupe voulait bien insister sur le fait qu’ils n’étaient pas juste un autre groupe de heavy allemand (et on peut les comprendre), Blind Guardian en faisait des tonnes, jusqu’au point de l’indigestion. Chansons trop longues, mélodies trop complexes et cette persistance à vouloir taper des passages folk rendait l’ensemble pénible à l’écoute, le genre d’album qui, à la première écoute, vous fait dire « ouais, c’est sympa » et qui, à la deuxième, vous fait plutôt penser « non, tout compte fait, c’est chiant ».
A l’exception notable de Nightfall in Middle Earth, où le groupe avait réussi à canaliser ses énergies créatrices pour nous livrer un album grandiose, illustration criante de ce que les Allemands sont capables de faire quand ils sont concentrés, « sympa, mais chiant » est un peu le qualificatif que l’on peut appliquer à l’entièreté de leur carrière. Pas peu fiers d’avoir trouvé leur marque de fabrique, ils se sont allègrement lâchés et chaque nouvel album voit le groupe en remettre une couche dans le grandiloquent et le pompeux. Et autant laisser tomber le suspens tout de suite, At the edge of time ne fait pas exception à la règle. Dès l’intro de Sacred worlds, la chanson qui ouvre cet album, on comprend que l’on est reparti pour une couche. Si le titre n’est pas désagréable, l’orchestration baroque qui l’introduit est franchement déplacée et n’augure rien de bon pour la suite. Le titre en lui-même souffre des tares habituelles de Blind Guardian. Comme d’accoutumée, le groupe a des tonnes d’idées et entend les utiliser toutes, quitte à rendre le titre indigeste par excès de bonne volonté. L’ensemble est un méli-mélo de phrases musicales sans structure, à l’exception bienvenue du refrain. L’auditeur peine à suivre le groupe dans les méandres de ces idées mises bout à bout et perd vite tout intérêt pour ce qui se passe. Ajoutez à cela le fait que le titre tape ses neuf minutes au compteur et vous comprendrez aisément qu’il faut bien s’accrocher pour garder un intérêt quelconque pour ce qu’il se passe. Ce modèle se répète inlassablement au fil de l’album. Les titres semblent interminables, signe qu’il y a quelque chose qui cloche. Comme dirait le poète, « le trop est l’ennemi du bien ». Parce que, soyons honnête, il n’y a rien d’offensant sur ce At the edge of time. Les musiciens de Blind Guardian sont tous très talentueux et leur interprétation de metal classique est une des plus originales à l’heure actuelle. Le souci est qu’ils sont incapables de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises idées. Ils veulent trop en faire et conclusion, c’est l’overdose pour le public. Autre exemple, sur Wheel of time, les Allemands nous collent un passage de musique orientale. Outre le fait que c’est sans doute un des clichés les plus éculés qui soient, le susdit passage s’éternise sans rien apporter de plus à la chanson. Et quand on commence à regarder le temps qui passe, c’est généralement un mauvais signe. Autre conséquence de ce problème, Blind Guardian passe à côté de son sujet. Normalement, une chanson qui s’intitule Valkyries devrait être un tant soit peu épique. Mais non, les Allemands passent à côté de leur sujet tant la chanson est lourde et bouffie. Pour faire un nouveau parallèle avec Nightfall, là au moins, les chansons, plus épurées et plus directes, atteignaient leur but sans faillir, et même une chanson complexe comme Mirror, mirror est un brûlot épique de première bourre qui ne donne qu’une envie, celle de fourbir son cheval et ses armes et d’aller pourfendre de l’hérétique. Hélas, point de salut à attendre de cet album, hormis peut-être de Tanelorn, seul titre où le groupe ranime quelque peu la flamme qui a fait sa popularité. Au lieu de cela, Blind Guardian semble vouloir à tout prix compliquer, voire intellectualiser sa musique comme si ses membres avaient honte de leur vraie nature, ou comme s’ils voulaient correspondre à une image que l’on attendrait supposément d’eux. Ce syndrome est assez similaire à celui qui a frappé Manowar à l’époque de Into glory ride, ou Rhapsody of fire à l’époque de Triumph and agony. Ces deux groupes ont cependant pu s’en remettre et retrouver le souffle épique qui doit animer ce style de musique. Personnellement, je vais continuer à espérer que Blind Guardian soit encore capable de faire de même, et me réécouter Nightfall, car il n’y a guère que les fans inconditionnels du groupe qui risquent d’apprécier ce At the the edge of time... |
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Il y a 10 contribution(s) au forum. Blind Guardian : "At the edge of time"
(1/3) 20 août 2012, par Maggic Blind Guardian : "At the edge of time"
(2/3) 17 septembre 2010, par Fubuk Blind Guardian : "At the edge of time"
(3/3) 15 septembre 2010, par Vincent Ouslati |
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Blind Guardian : "At the edge of time" 21 septembre 2010, par Arnaud Splendore [retour au début des forums] Pour parler franchement, Night of the Opera me semblait un pas dans la bonne direction, et j’aurais aimé que le groupe persévère. Maintenant, je comprends parfaitement l’affection que les fans portent à Blind Guardian. Comme je le disais dans la critique, les allemands restent une des formations les plus originales du genre. Mais perso, j’ai beau essayer, je ne parviens à rentrer dedans. D’où le fait que je pense que le groupe y gagnerait en clarté s’ils passaient plus de temps à épurer leurs chansons. Attention, "épurer" ne signifie pas "simplifier". En fait, leurs albums me donnent en général une impression de "trop". Cela dit, ce ne sont que des points de vue. Et au passage, merci de prendre le temps de donner un avis clair, élaboré et formulé de façon non-agressive. Ca change agréablement du troll de base. A.S. Blind Guardian : "At the edge of time" 22 septembre 2010, par Fubuk [retour au début des forums] Mais de rien, de rien. C’est toujours intéressant de connaitre l’avis d’autres personnes qui partagent à peu près les mêmes goûts musicaux. Avouez que les gens qui aiment le métal (le vrai métal, hein, pas la soupe pour ados) ça cours pas les rues et encore moins les adeptes du Power... C’est pour ça que j’aime bien ce site : vos chroniques de métal sont toujours très intéressantes et grâce à vous j’ai découvert plein de groupes que j’écoute aujourd’hui... Comme Van Canto par exemple, dont vous parliez encore l’autre jour (vous ou M Ouslati, je ne sais plus) Alors surtout continuer comme ça et à bientôt. Blind Guardian : "At the edge of time" 22 septembre 2010, par Fubuk [retour au début des forums] "continuez" et non pas "continuer" Excusez la faute.
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