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Cannibal Corpse : "Kill" Du sang, des boyaux, etc. dimanche 21 mai 2006, par |
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Je l’avoue, je suis fasciné par les bébés morts. Surtout quand ils sont éviscérés par des zombies aux entrailles suintantes de lymphe. Le responsable des pochettes de Cannibal Corpse et moi, on est donc plutôt potes. Et voilà que ce nouvel album ne présente, comme seul attrait visuel à destination de l’amateur de snuff-movies moyen, qu’une jaquette sombre et austère et un titre direct qui a le mérite d’éviter toute mauvaise interprétation sur le contenu : Kill. On nous l’aurait changé, notre bon vieux Cadavre Cannibale ?
Des changements, Kill n’en est en effet point avare : un guitariste de longue date, Jack Owen, qui s’en va par la petite porte, et un ancien charcutier du riff, Rob Barrett, qui en profite pour revenir par la fenêtre. Et un nouveau producteur, Erik Rutan, maître d’œuvre d’un nouveau son, dont le principal attrait est de se montrer encore plus dévastateur et écrasant que jadis. Mais en ce qui concerne le reste, ce dixième opus reste fidèle dans les moindres détails à l’éternelle direction musicale du groupe, ainsi qu’à son imagerie pour le moins gouttue. Au menu donc, blast-beats de névrosés, riffs en coup de serpe, soli déstructurés à l’excès, basse cruellement vrombissante, et ce bon vieux Corpsegrinder entièrement fidèle à lui-même, c’est à dire d’une bestialité rien moins qu’intolérable. Et au niveau du fond, que les vieux briscards se rassurent : nos amis de Cannibal Corpse sont toujours de cette race d’aèdes, de versificateurs ultra-sensibles, de bardes au cœur tendre qui perçoivent dans les entrailles nécrosées des femmes enceintes une noblesse inaccessible à la majorité des profanes. Je l’avoue, je ne suis pas foutu d’écouter un album de Cannibal Corpse en entier, quel qu’il soit. D’ordinaire, j’ai même du mal à écouter plus de deux ou trois morceaux à la suite. Et pourtant, ne reculant devant aucun sacrifice, je me suis envoyé Kill d’une traite. Et plus d’une fois, même. Je reste saisi encore aujourd’hui d’une sorte de vague vibration corporelle et d’imperceptibles mais rapides hochements de tête métronomiques. Mes collègues de bureau m’ont définitivement catalogué comme un détraqué, peut-être même un détraqué dangereux. Et il me vient parfois aujourd’hui l’idée de me jeter sur quelqu’un en rue, puis de lui arracher les poumons avant de les faire frire dans son crâne préalablement évidé. Mais ces menues contrariétés ne sont rien face au principal : j’ai écouté un album de Cannibal Corpse en entier (bon, OK, avec des pauses de survie toutes les trois pistes). Et j’ai tenu le coup. Et j’ai même, aux doses homéopathiques prescrites, trouvé ça... euh,... beau ? Bien ? Bon ? Non, ébouriffant ou apocalyptique seraient des termes plus appropriés. On dénote dans ce maëlstrom volcanique quelques bouillies de riffs électrisées (Make them suffer, Necrosadistic warning) plus offensives et destructrices que n’importe quelle sonorité humaine référencée jusqu’à aujourd’hui. Ces excellentes pièces procurent une curieuse sensation d’apaisement, généralement consécutive à un bon claquage des vertèbres cervicaux. Pour ceux qui ont toujours vénéré chez ce groupe sa brutale sauvagerie et sa fidélité sans failles à la barbarie comme vecteur d’émotion artistique, Kill pourrait bien être le meilleur album éructé par les Floridiens depuis près de dix ans. Pour les allergiques aux gargouillements de névropathes, il y a peu de chances qu’ils soient subitement séduits par le massacre sonore en règle opéré par Cannibal Corpse. Quand à ceux qui se tâtent encore et se demandent si l’écoute prolongée de ce genre de méfait ne risque pas de les faire régresser d’un ou deux crans sur l’échelle de l’évolution, qu’ils y jettent tout de même une oreille (aller-simple pour l’oreille, attention)... mais avec parcimonie ! |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Cannibal Corpse : "Kill"
(1/2) 7 février 2007, par Bastien Sandoz Cannibal Corpse : "Kill"
(2/2) 1er juin 2006, par rico |
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