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Devin Townsend Project : "Ki" Entrée légère mardi 1er décembre 2009, par |
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Devin Townsend est un complexe bonhomme. Jamais à court d’idées, éternellement charmé par les muses jumelles, les fameuses Marie (Jeanne et Brizard), le prolifique Canadien a nouvellement lancé un projet démesuré dont lui seul est capable. Un quadriptique, pas moins. Et comme le laisse supposer ce fin sous-titre, on reste un peu à vide avant le plat de résistance.
Il est des humains pour qui la musique n’a d’autre but que le divertissement, l’occupation libre de son temps et de ses oreilles, rien de grave, tout dans la jouissance de l’instant, point de belle finalité, rien de beaux discours, aucunes nécessités de survie. Devin Townsend est bien loin de ces courtes aspirations, la musique est pour lui un exorcisme, un besoin vital, un antidote. Et Ki est sa nouvelle médecine. Encore une fois, l’auditeur peu au fait des dérives de Devin se sentira à coté de la plaque, Ziltoid et son café est loin, très loin. A des années-lumières même de la brutalité incontrôlable de City qu’il fit paraitre avec son Stapping Young Lad en 1997. Non, Ki, c’est encore autre chose. Les quatre albums qui forment cette quadrilogie sont déjà tous enregistrés, ce premier opus sert d’introduction à la mammouthesque entreprise. Mammouthesque, ce disque ne l’est certainement pas, pas de riffs de guitares à décorner les buffalos, pas de rythmiques brutales, pas de growls (ou si peu), le climat se veut apaisant, comateux, le père Townsend voulait déstabiliser sa fan base, il y est encore parvenu. On savait Devin un peu éloigné de ses problèmes récurrents avec les joints et la binouze, ce disque se donne une gueule de plénitude qui assume bien cette guérison, la violence est si rarement perceptible, si peu apparente. Elle ne s’affiche qu’en petites gouttes dans une mer de la tranquillité inattendue. Monday donne le ton, soit simplicité et émotion pour grossistes, cette mise en bouche se laisse appréhender facilement si l’on accepte cette étonnante absence de brutalité qui semble en être le ciment. D’accord, Heaven send voit quelques bons gros cris à l’ancienne qui font dire que l’animal se rappelle de ses tourments passés. Mais c’est bien trop peu pour mettre cet album dans un giron métallique. Le pesant se fait léger, la douleur se fait apaisante, Devin n’est plus ce grand garçon tourmenté que l’on connaissait, il a parfaitement su retranscrire cette nouvelle étape de sa vie. La douceur se dévoile par une grande unité rythmique, à peine malmenée par quelques esquisses de groove, de rock, de palettes de notes qui rarement se font dures. Réussi alors ? Oui si Townsend voulait surprendre, mais on ira bien chipoter que tout n’évite pas l’ennui cependant, (Lady Helen est bien jolie mais un peu lente). Que Townsend fasse dans la charcuterie ou l’épicerie fine, il faut toujours un temps d’adaptation conséquent pour en apprécier toutes les saveurs. Ki demande une foi inébranlable. Il faut alors attendre le prochain volet intitulé Addicted pour une meilleure imprégnation. Encore plus atmosphérique ou plus métallique ? La roulette de Devin ne s’arrêtera donc jamais de tourner. |
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