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Dimmu Borgir : "In sorte diaboli" Diabolus in musica vendredi 15 juin 2007, par |
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Curieusement, c’est le plus attendu des trois albums de black Metal de ce faste mois de mai qui s’avère en définitive le moins convaincant du lot. Depuis la mise en sommeil d’Emperor, Dimmu Borgir était devenu le nouvel empereur de la scène black ; Marduk, Mayhem et Cradle of Filth occupant respectivement les positions de capitaine de la garde, grand prêtre du culte et bouffon du roi.
Une telle reconnaissance peut paraître surprenante, compte tenu du fait que Dimmu Borgir n’a jamais fait partie du cercle fermé des pères fondateurs du genre. Mais le jeune groupe norvégien eut très vite l’excellente idée d’adjoindre de manière raisonnée des éléments heavy et thrash à sa structure de base, tout en restant à l’écart des pitreries gogoth d’un Cradle of Filth. Avec, en cerise sur la gâteau, une utilisation tout aussi maîtrisée des orchestrations classiques, Dimmu Borgir devint rapidement une formation accessible aux néophytes tout en restant suffisamment digne et percutante pour que les amateurs plus intransigeants n’éprouvent pas l’impression de se compromettre à leur écoute. Après leur dernier opus en 2003, le flamboyant Death cult armageddon, il semblait difficile de surenchérir davantage dans l’ampleur symphonique sans donner l’impression d’exploiter à outrance un filon trop porteur pour être honnête. In sorte diaboli se devait de revenir à un certain dépouillement. Si l’album offre toujours quelques ambiances occultes fort appréciables, toutes ont été élaborées maison par le claviériste Mustis. Exit donc les orchestres mégalomanes de 150 musiciens... ce qui rend l’impression étrange de retrouver le Dimmu Borgir plus « humble » de l’ère Spiritual black dimensions. Pour se faire pardonner ce recul technique de près de huit années, Dimmu Borgir nous annonce fièrement qu’In sorte diaboli tourne pour la première fois autour d’un concept unique et d’un récit volontairement imprécis permettant de multiples niveaux de lecture. En fait de récit, on suivra le parcours initatique d’un jeune diacre de l’Europe médiévale, écœuré par le gouffre qu’il découvre entre la vulgate chrétienne et le comportement de ses contemporains et qui, bien évidemment, va se tourner vers la facette obscure de l’existence. Bon d’accord, on a déjà connu mieux troussé comme idée de base mais un groupe au background black metal n’allait pas non plus palabrer sur la politique internationale ou les injustices sociales. Après tout, le scénario reste assez cohérent et libre à chacun d’y déceler la symbolique qui lui plaira. Les hautes capacités de composition du groupe norvégien soulignent en outre le propos avec toute la noirceur et la puissance de rigueur, et Dimmu Borgir semble même avoir adopté une optique résolument moderne, tant les morceaux sont ramassés, concentrés sur leurs objectifs et ne se perdent jamais en stériles démonstrations techniques. C’est pourtant à ce niveau qu’il y a un léger problème. A l’une ou l’autre exception près, tout cela manque cruellement de conviction. Ce n’est pas que cette dizaine de pistes soit ennuyeuses ou ramollies : de ce point de vue, Dimmu Borgir reste saignant à souhait. Mais l’ensemble ne présente rien de particulièrement révolutionnaire. Dimmu Borgir semble tourner en roue libre, reprenant et modernisant avec une certain talent la substantifique moëlle de ses productions passées, mais le groupe ne se risque jamais à la moindre audace, et on écoute ce nouvel album avec un désagréable sentiment de prévisibilité. Il s’agit à coup sûr d’une affaire de goûts personnels. Ceux qui avaient estimé que Death cult armageddon était lourd à digérer retrouveront à n’en point douter un Dimmu Borgir plus conforme à l’idée qu’ils s’en font. Mais la bande à Shagrath avait poussé la facette évocatrice de sa musique à de telles extrémités voici quatre ans que je ne peux m’empêcher de rester un peu sur ma faim face à cette production très conventionnelle, trop conventionnelle. Ne vous y trompez pas : dans l’absolu, In sorte diaboli reste une réussite, et on n’oserait même pas imaginer que la moitié des groupes de metal parvienne à une telle maîtrise de leur sujet et à une telle agressivité contrôlée. Mais Dimmu Borgir n’est pas un simple groupe de metal dont on attend simplement une brave petite bouillie de riffs tous les deux ou trois ans. Dimmu Borgir fait partie des plus grands, de ceux dont on a du mal à accepter autre chose qu’un chef-d’œuvre qui laisse sur le cul. A ce titre, on sait qu’ils sont capables de beaucoup plus que cette simple opération de raccomodage de vieilles ficelles, certes très professionnellement menée, mais immanquablement décevante. |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Dimmu Borgir : "In sorte diaboli"
(1/2) 16 juin 2007, par SmOX Dimmu Borgir : "In sorte diaboli"
(2/2) 15 juin 2007, par Rico |
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